Comment adapter sa conduite automobile pour moins polluer?

Conduire en polluant moins, c'est avant tout une question de décision
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Conduire en polluant moins, c'est avant tout une question de décision - © Pexels

Il est réjouissant de constater qu’en matière de conduite d’une automobile de la dernière génération (moins de 7 ans), nous, conducteurs, sommes les acteurs principaux de l’empreinte que nous décidons de laisser. Car il s’agit avant tout d’une décision.

Décision de se conformer à quelques principes de base dont le plus élémentaire n’est autre que le respect strict des limitations de vitesse, qui contribue déjà à diminuer de manière étonnante la consommation d’un véhicule. Très peu d’automobilistes s’y prêtent avec rigueur. 

Décision ensuite de se conformer à l’apprentissage du pilotage "éco", que ce soit dans les nombreuses écoles de pilotage du royaume ou par le biais d’une personne de son entourage qui y est déjà aguerrie. Se former, c’est changer sa vision de la route et apprendre à conduire avec anticipation.

Anticiper pour ménager le moteur

L’ami numéro 1 de la consommation, c’est l’obligation de relancer la vitesse de son véhicule. Il faut donc acquérir par la formation et l’entrainement la capacité de se déplacer de la manière la plus fluide. A la manière d'un coureur cycliste qui essayerait de garder une vitesse suffisante pour ne pas puiser dans son énergie, son "moteur", pour reprendre son rythme. La technique du regard dans ce cas est un fondamental, qu’il s’agisse de conduite éco ou en compétition automobile. Regarder à 180 degrés. Observer en permanence. Le regard est le vecteur numéro 1 de l’anticipation.

Quelques petits "trucs" psychologiques comme se comparer au volant à un cycliste n’ayant plus beaucoup d’énergie et devant terminer sa randonnée sont aussi étonnants d’efficacité. Ou toucher la pédale d’accélérateur de manière légère et séquentielle (par petites impulsions) lorsque vous êtes lancés à la bonne vitesse.

Avoir un déplacement fluide

La conduite "éco" peut aussi devenir du pilotage dès le moment où la personne derrière le volant se décide également à apprendre la technique de fluidité des lignes tracées par sa voiture en courbe. C’est le principe des trajectoires sur circuit. L’angle du virage doit être réduit au minimum, l’injonction au volant la plus douce possible, afin de diminuer au maximum le frottement pneumatique (et donc sa résistance).

Le regard joue ici aussi un rôle majeur. Les coureurs cyclistes utilisent les mêmes techniques dans les descentes de col : regarder au plus loin la sortie du virage permet d’anticiper une vitesse minimum à conserver pour moins relancer la mécanique et donc moins consommer.

Ces techniques demandent une concentration maximum que la généralisation des distractions multimédia au sein des voitures moderne rend difficile. Je parle ici des écrans virtuels multipliant les sources de distraction, dont la navigation, la téléphonie, les sources musicales,…

Etre pleinement présent

Décision donc d’être entièrement "présent" à sa conduite en maximisant aussi certains facteurs extérieurs comme le contrôle régulier de la pression des pneumatiques. Une pression trop basse augmente le frottement et donc la consommation. L’usure est ainsi diminuée, ce qui retarde également leur changement, une autre source de pollution.

Décision par conséquent d’être moins dans la passivité de ses habitudes (de ses négligences ?) derrière un volant : fermer les fenêtres, le toit ouvrant, couper l’air conditionné lorsqu’il n’est pas nécessaire, tout comme le dégivrage de la lunette arrière fortement consommateur en énergie… sans porter atteinte bien sûr aux élémentaires basiques de la sécurité.

Connaître les caractéristiques technique de son véhicule

Décision encore lorsqu’il s’agit de s’informer pour connaître la valeur idéale du couple de son moteur pour changer de vitesse. Plus un régime moteur s’élève, plus il est gourmand en carburant. La majorité des conducteurs change de vitesse beaucoup trop tard par ignorance de cette valeur et crainte du sous-régime.

Dans ce cadre, la technologie des boîtes de vitesses robotisées modernes a fortement contribué à pallier cette inattention souvent doublée d’ignorance par manque d’intérêt. Ces boîtes de vitesse à double embrayage avec fonction automatisée (on ne parle pas ici des boîtes automatiques de bon-papa qui était gloutonnes en consommation) ont permis de réduire la rupture de transmission presqu’au degré zéro.

Cela permet donc de garder la fluidité de la cinématique moteur-boîte en changeant de vitesse au bon moment de manière presqu’imperceptible. De nouvelles boîtes qui s’inspirent également du vélo en proposant une fonction "roue libre" comme si vous choisissiez le point de mort de votre boîte lorsque le frein moteur devient une contrainte à la fluidité de votre évolution.

Choisir un véhicule moins polluant…
Enfin, dernière décision : choisir de polluer moins, c’est aussi choisir un véhicule hybride lorsque, je précise, il est adapté à son usage : faibles kilométrages, essentiellement urbain. L’autoroute au-delà de 30 kilomètres est inadaptée à la majorité des véhicules hybrides, mais le courant est en train de rapidement changer. Les cinq prochaines années seront le théâtre de grosses évolutions en matière d’autonomie.

En attendant, comptez le double de kilométrage si votre employeur dispose de bornes de recharge de batterie. Mais attention, rouler avec un véhicule dit "électrique" n’est pas forcément synonyme de respect de la planète. La majorité de l’électricité est produite par des centrales à charbon très polluantes. La fabrication des batteries lithium-ion nécessite l’extraction de 3000 litres de saumure par batterie. Des débuts d’assèchement sont aujourd’hui constatés!

La meilleure démarche en roulant "électrique" est donc de parvenir à recharger la batterie de son véhicule tout en roulant et en privilégiant les décélérations et freinages dont l’énergie cinétique est convertie en KW. Ici aussi, on parlera d’apprentissage et de pilotage.

… pas trop coûteux
On parlera aussi de coûts. Les véhicules électriques et hybrides sont coûteux en développement et cette dépense est actuellement directement répercutée par les constructeurs sur le prix d’achat. Les formations à la conduite et au pilotage ne sont pas données non plus. Elles permettent parfois une réduction des primes d’assurance… Assurances qui ne remboursent jamais la formation ! Les déductions fiscales de 100 à 120% sont par contre des incitants efficaces… avant que les lois ne changent.

Et du bon sens
Finalement, ce qui coûte le moins cher, c’est le bon sens. Et ce dernier, après avoir décidé de s’informer, est le principal allié d’une conduite moins polluante. On en revient toujours à une question de choix décisionnaire. Et ça passe toujours par l’intérêt qu’on y porte. C’est l’une des missions du magazine Auto Mobile de la RTBF. En témoigne le défi " Turbo " consommation diffusé dans le numéro du 9 octobre

Nous sommes parvenus à abaisser une consommation théorique d’homologation d’un véhicule sportif de moyenne de gamme annoncée à 7,4litres/100 kms à une consommation de 5,4litres/100 kilomètres sur un véritable parcours mixte de 130 kilomètres en appliquant rigoureusement les règles énoncées ci-dessus.

Ce qui relevait avant tout … d’une décision !

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