Tuerie d'Orlando: l'EI revendique l'attentat, l'auteur était connu du FBI

La tuerie d'Orlando a fait au moins 50 morts
La tuerie d'Orlando a fait au moins 50 morts - © GERARDO MORA - AFP

Comment un homme connu du FBI pour sa radicalisation a-t-il pu acheter des armes et passer à l'acte, tuant 49 personnes dimanche dans une boîte d'Orlando? La question revient avec insistance, au lendemain du massacre.

L'enquête du FBI a permis d'identifier, dès dimanche, Omar Seddique Mateen, âgé de 29 ans et né à New York, comme l'auteur de l'attaque qui a frappé la boîte de nuit gay Pulse, dans cette ville de Floride surtout connue pour ses parcs d'attraction.

Son ex-femme, Sitora Yusufiy, l'a décrit comme une personnalité "bipolaire", perturbée psychologiquement et en proie à des accès de colère durant lesquels il lui arrivait de la battre et d'"exprimer de la haine envers tout". 

Quelques minutes avant de perpétrer son attentat, la pire fusillade de l'histoire des Etats-Unis, il a appelé les services d'urgence pour faire "allégeance" au groupe Etat islamique, a indiqué dimanche le responsable du FBI à Orlando, Ronald Hopper.

Vraiment lié à l'EI ?

Le groupe Etat islamique a par ailleurs revendiqué l'attentat dans un bulletin de sa radio officielle. "Dieu a permis au frère Omar Mateen, un des soldats du califat en Amérique, de mener une ghazwa (terme islamique pour désigner une attaque) durant laquelle
il est parvenu à entrer dans une boîte de nuit des sodomites dans la ville d'Orlando
(...) et à tuer et blesser plus de 100 d'entre eux", a indiqué le bulletin d'Al-Bayan.

L'enquête devra montrer quels étaient exactement les liens d'Omar Seddique Mateen avec le groupe. 

Un responsable de la police fédérale américaine (FBI) a ainsi dit à l'agence Reuters qu'Omar Mateen pourrait avoir eu une attirance pour l'EI mais que la preuve d'un lien effectif entre le suspect et l'organisation djihadiste nécessitait de plus amples investigations.

Un responsable des services de renseignement américains a également jugé qu'il n'était pas surprenant d'entendre l'EI, également
appelée Daech selon son acronyme arabe, revendiquer cette attaque étant donné son recul et ses pertes sur le terrain en Irak et en Syrie.

Dimanche soir, le président américain Barack Obama n'a pas voulu anticiper les conclusions d'une enquête toujours en cours: "A l'heure actuelle, les enquêteurs suivent les pistes qui révéleront les motivations du tireur mais il faut rester prudent (...) Ce qui est clair c’est que c’était une personne pleine de haine mais nous irons où les faits nous mèneront".

Il agissait avec méthode

Un des blessés, Angel Colon Jr, a décrit à son père un agresseur maître de lui-même, qui a agi avec méthode.

"Il passait devant chaque personne au sol et lui tirait dessus, pour être sûr qu'elle était morte", a expliqué, à la sortie de l'hôpital Orlando Regional Medical Center, Angel Colon, qui porte le même nom que son fils.

Le déroulement n'est pas sans rappeler celui de l'attentat du Bataclan, à Paris, le 13 novembre, avec une prise d'otages conclue par un assaut.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les autorités ont actualisé la liste des victimes décédées et identifiées, qui ne compte encore que 10 noms alors qu'il est établi que l'attentat a fait au moins 50 morts et 53 blessés.

Interrogé trois fois par le FBI

A mesure que l'urgence des premières heures se dissipe, tous les regards sont plus que jamais tournés vers l'enquête.

Elle doit maintenant tenter de déterminer si Omar Seddique Mateen a agi seul ou sur ordre et comprendre son parcours vers un passage à l'acte.

Dimanche, Ronald Hopper a indiqué que le suspect avait été interrogé à trois reprises par le FBI dans le cadre de deux enquêtes.

La première, en 2013, était liée à des propos radicaux qu'il aurait tenu sur son lieu de travail.

Il travaillait depuis 2007, et jusqu'à la date de l'attentat, pour G4S, a confirmé dimanche l'entreprise britannique, l'une des plus importantes sociétés de sécurité au monde.

Après enquête auprès de collègues, surveillance et vérifications, le FBI n'a pas été en mesure d'établir qu'Omar Mateen avait bien tenu ces propos et la police fédérale a donc classé le dossier.

Un an plus tard, nouvel interrogatoire, cette fois au sujet de ses liens avec Moner Mohammad Abusalha, un Américain de Floride qui a rejoint le groupe Etats islamique avant de mourir dans un attentat suicide au camion piégé, en mai 2014.

Le FBI a alors estimé que le contact entre les deux hommes était "minimal" et ne "constituait pas une relation significative ou une menace", a expliqué Ronald Hopper.

"Il n'y avait rien qui permettait de maintenir l'enquête ouverte", a-t-il insisté.

Laissé libre, sans antécédents judiciaires, Omar Mateen disposait de deux licences et a pu acheter, quelques jours avant l'attaque, une arme de poing et une arme longue.

 

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