Syrie: le ministre de la Défense dément que des F-16 belges aient tué des civils

Syrie: le ministre de la Défense dément que des F-16 belges aient tué des civils
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Syrie: le ministre de la Défense dément que des F-16 belges aient tué des civils - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) dément formellement les accusations de la Russie, qui laisse entendre que des F-16 belges seraient responsables de la mort d'au moins six civils lors d'une attaque d'un village dans le nord de la Syrie.

"Nous ne disons normalement pas où nous sommes actifs, mais durant ces jours-là, nous n'avons pas survolé la région concernée (Alep, ndlr)", a indiqué le ministre mercredi matin sur Radio 1.

"Six personnes ont été tuées et quatre autres blessées à des degrés variables à la suite d'un bombardement qui a détruit deux maisons" dans la nuit de lundi à mardi dans la localité de Khassadjek dans la région d'Alep, selon un communiqué du ministère russe de la Défense répercuté par Russia Today, le média d'Etat russe.

Il ne peut y avoir aucun doute sur la cible, qui doit être à 100% liée au groupe terroriste Etat islamique

"Les avions russes et syriens n'étaient pas présents dans cette zone. Mais des avions de la coalition internationale effectuaient des missions dans la région." Les Russes ont demandé des explications à Washington - les F-16 belges opèrent en effet dans le cadre de l'opération internationale menée par les Etats-Unis.

Le ministre de la Défense Steven Vandeput dément les accusations. Selon lui, les Belges n'étaient pas actifs dans la région mardi. Il renvoie aussi aux autres "checks and balances" que les soldats belges respectent. "Les dommages collatéraux doivent toujours être évités. Il ne peut y avoir aucun doute sur la cible, qui doit être à 100% liée au groupe terroriste Etat islamique. Chaque mission est évaluée au quartier général et le pilote peut encore prendre une décision", a-t-il expliqué sur Radio 1.

Selon Steven Vandeput, les accusations russes s'inscrivent dans leur tactique de semer la discorde au sein de la coalition. Le ministre estime qu'il n'y aura pas de conséquences diplomatiques.

Le sp.a réclame plus de transparence.

Pour le parti d'opposition sp.a, cet incident conduit à plaider pour plus de transparence sur les opérations belges au Moyen-Orient."Nous sommes prêts à croire le ministre sur parole", écrivent les députés Dirk van der Maelen et Alain Top dans un communiqué. "Mais tant que la Belgique ne publie aucune donnée ou localisation sur ses bombardements, une implication belge ne peut être entièrement exclue." Les socialistes flamands soulignent que la Belgique est depuis quelques années le pays le moins transparent parmi ceux qui participent aux opérations aériennes contre l'Etat islamique, à l'exception du Bahreïn. "Cela confronte la Belgique à la propagande d'autres parties. Ce n'est pas la première fois dans cette guerre que des attaques sont attribuées à une autre partie pour la discréditer. De telles annonces sont faciles à réfuter si suffisamment d'informations sont régulièrement publiées. Ce n'est cependant pas le cas." Le sp.a réclame un rapport public et une évaluation des missions à l'étranger comme au Royaume-Uni, en France, aux Etats-Unis et au Canada. "Nous ne saurons jamais si des fautes sont commises ou pas", ajoutent les députés. "Ce n'est qu'après les opérations militaires que la Belgique transmet des informations au parlement, derrière des portes closes et sans détails sur le timing et l'impact des bombardements."

 

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