Sommet européen: "Le conflit syrien ne peut être interrompu par la force"

"Notre action en Syrie n'a pas été aussi efficace que nous l'aurions souhaité"
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"Notre action en Syrie n'a pas été aussi efficace que nous l'aurions souhaité" - © THIERRY ROGE - BELGA

L'Union européenne souhaite "l'ouverture immédiate" de corridors humanitaires pour permettre d'acheminer de l'aide humanitaire à Alep, mais aussi "aux civils d'évacuer la ville sous supervision internationale", a commenté ce jeudi soir le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Pas responsable de la situation actuelle à Alep

"Face à la brutalité du régime syrien et de ceux qui le soutiennent, notamment la Russie et l'Iran, notre action n'a pas été aussi efficace que nous l'aurions souhaité", a reconnu Donald Tusk, qui a assuré que l'UE continuerait à employer tous les canaux diplomatiques pour atteindre ses objectifs.

"La sécurité des civils est notre priorité", a-t-il insisté. "Le conflit syrien ne peut être interrompu par la force. L'UE n'a pas l'intention, ni la capacité d'utiliser ce type de méthodes", a-t-il ajouté, appelant à ne pas blâmer l'Europe qui n'est "pas responsable de la situation actuelle à Alep et dans d'autres parties de la Syrie".

Le bourgmestre d'Alep-est Brita Hagi Hasan, présent à Bruxelles, avait appelé en prélude au sommet les dirigeants européens à agir pour venir en aide aux populations en détresse dans sa ville. "Nous attendons des actes, pas des discours", avait-il déclaré. 

Résolution humanitaire

Le président français François Hollande a affirmé jeudi soir à Bruxelles qu'il "n'imagin(ait) même pas" que la Russie puisse s'opposer à la "résolution humanitaire" que la France entend désormais faire adopter par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Des sanctions de l'Union européenne font "partie des options qui pourraient être ouvertes" mais "nous n'en sommes pas là", a poursuivi François Hollande devant la presse, à l'issue d'un sommet européen.

Sanctions reconduites à l'encontre de la Russie

En revanche, les 28 ont approuvé sans difficulté la reconduction pour six mois de leurs sanctions contre Moscou pour son rôle en Ukraine, imposées en 2014 après la destruction en vol d'un avion de la Malaysia Airlines au-dessus de l'Est séparatiste (298 morts).

Début des discussions en vue pour le Brexit

Les discussions visaient également le début des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. La Première ministre britannique Theresa May invoquera l'article 50 du traité de Lisbonne, qui marquera le déclenchement des discussions, au plus tard pour la fin du mois de mars 2017, a-t-elle rappelé jeudi lors de la première partie du sommet.

Une petite concession a été offerte au Parlement européen. Celui-ci pourra prendre part aux réunions lors desquelles les "sherpas" des dirigeants européens prépareront les discussions du Conseil. La Commission devra par ailleurs régulièrement informer le Parlement de l'avancement des négociations.

Sommet avec la Turquie

Par ailleurs, un sommet entre les institutions de l'Union européenne et les autorités turques devrait être organisé dans "les prochains mois", a indiqué jeudi soir le président du Conseil européen, Donald Tusk.

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