Cessez-le-feu en Syrie: Didier Reynders exclut d'intégrer les djihadistes aux négociations

Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères.
Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères. - © THIERRY ROGE - BELGA

Le cessez-le-feu entré en vigueur à minuit ce samedi semble jusqu'à présent globalement respecté. Une trêve aussi fragile que partielle, notamment parce que les groupes terroristes ont été exclus de l'accord. Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) espère malgré tout la voir durer afin d'entamer, dans la foulée, des négociations pour une transition politique. Des négociations auxquelles il n'est, pour le chef de la diplomatie belge, toutefois pas question d'intégrer ces organisations djihadistes.

"C'est une trêve qui est évidemment partielle, qui touche une partie du territoire, mais qui a le mérite d'exister, a déclaré Didier Reynders ce samedi matin sur La Première. Et elle semble respectée, en tout cas depuis qu'elle est entrée en vigueur au milieu de la nuit. On verra évidemment si on peut faire durer cette trêve."

"Mais c'est la première fois depuis des années que l'on a une cessation des hostilités entre le régime de Bachar el-Assad et les principales forces d'opposition modérées. C'était une exigence, parce que, si cette trêve n'intervenait pas, il était pratiquement impossible pour l'opposition modérée de participer à une négociation."

"Nous allons donc vérifier que la trêve dure. Et, si elle dure, nous aurons normalement une reprise des négociations pour une transition politique, à partir du 7 mars, comme l'a annoncé l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies Staffan de Mistura. J'espère simplement que l'on va effectivement voir durer cette trêve, sur le terrain."

Pas de djihadistes autour de la table

Pourtant, ce cessez-le-feu ne pourra jamais être totalement observé, dans la mesure où certains belligérants de ce conflit complexe ont été exclus de l'accord, à l'image des organisations djihadistes qui ont parfois profité de l'annonce de cette période de cessation des combats pour promettre, à l'inverse, que leurs attaques redoubleraient en intensité.

Mais, pour le chef de la diplomatie belge, il n'est toutefois pas question de négocier avec les groupes terroristes. "Je crois que, dès le départ, le choix a été fait de ne mettre autour d'une table de négociations que l'opposition modérée, répond le ministre des Affaires étrangères. On ne va pas entamer une négociation avec des groupes tels que Daech ou d'autres groupes proches."

"Double conjonction positive"

"Maintenant, il peut toujours y avoir une hésitation sur l'appartenance de telle ou telle faction aux groupes terroristes. Mais il est évident que les actions militaires se poursuivront dans les prochains mois, les prochaines années peut-être, pour détruire ces groupes terroristes le plus rapidement possible. Le but, c'est de mettre à la table l'opposition modérée et le régime de Bachar el-Assad, comme nous l'avions déjà fait à Genève dans le passé. "

"Et, cette fois-ci, nous avons une double conjonction qui est positive : on se retrouve avec, d'une part, un cessez-le-feu – ou du moins une cessation des hostilités; il faut voir si elle va durer – et, d'autre part, tout le monde derrière une opération de négociations. Tout le monde, et pas seulement les États-Unis et la Russie ou l'Union européenne, mais aussi la Turquie, l'Arabie saoudite ou l'Iran. Et ça aussi, c'est la première fois que l'on a la chance d'avoir tous les partenaires autour d'un processus de négociations. Mais c'est très fragile."

Très fragile, comme en témoignait d'ores et déjà un attentat à la voiture piégée perpétré ce samedi matin dans la province de Hama, faisant au moins deux morts et brisant le silence permis jusque-là par cette trêve.

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