Conflit en Syrie: Les négociations d'Astana centrées sur le cessez-le-feu

Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que les négociations prévues lundi à Astana au Kazakhstan, allaient être centrées sur le renforcement du cessez-le-feu.
Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que les négociations prévues lundi à Astana au Kazakhstan, allaient être centrées sur le renforcement du cessez-le-feu. - © Belga

Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que les négociations entre le régime et les rebelles, prévues pour débuter lundi à Astana au Kazakhstan, allaient être centrées sur le renforcement du cessez-le-feu, en vigueur depuis fin décembre."Je pense qu'au début, elles seront centrées, et que la priorité sera donnée" au cessez-le-feu, a-t-il déclaré à la télévision japonaise TBS, selon des extraits publiés jeudi par la présidence syrienne.

Moscou et Ankara ont imposé un cessez-le feu le 30 décembre

"Cela protégera la vie des gens et va permettre d'acheminer l'aide vers les différentes régions de Syrie", a-t-il dit. Les négociations, parrainées par la Turquie qui soutient les rebelles, et par la Russie et l'Iran alliés du régime, doivent s'ouvrir lundi dans la capitale du Kazakhstan. Moscou et Ankara ont imposé un cessez-le feu entre les forces du régime et les rebelles le 30 décembre qui survit vaille que vaille malgré des accès de violences disparates, notamment près de Damas.

"Nous croyons que la conférence ressemblera à des pourparlers entre le gouvernement et les groupes terroristes afin d'aboutir à un cessez-le-feu et permettre à ces groupes (rebelles) de se joindre aux accords de réconciliation en Syrie", a ajouté le chef de l'État syrien. L'armée syrienne et des forces alliées assiégeaient jeudi la région rebelle de Wadi Barada près de Damas, un secteur clé car abritant les principales infrastructures alimentant en eau la capitale syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie finalement présent

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura assistera finalement aux pourparlers de paix la semaine prochaine à Astana, à la demande du secrétaire général de l'ONU, a annoncé jeudi un porte-parole en marge du Forum économique de Davos auquel assistent les deux responsables.

Mardi, le bureau de M. de Mistura avait annoncé qu'il avait chargé son adjoint, Ramzy Ezzeldin Ramzy, et son directeur des affaires politiques Robert Dann, de le représenter dans la capitale kazakhe.

Mais "à la lumière de la complexité et de l'importance des problèmes susceptibles d'être abordés à Astana, et compte tenu du haut niveau de représentation à cette réunion, le secrétaire général a demandé à M. de Mistura de diriger l'équipe de l'ONU lors des pourparlers", a indiqué dans une note envoyée aux médias Stephane Dujarric, porte-parole du chef de l'ONU Antonio Guterres. Le secrétaire général souhaite que la réunion d'Astana puisse "constituer un pas positif en vue de la reprise des négociations intra-syriennes sur la Syrie à Genève", a-t-il ajouté.

Rebelles et représentants du régime autour d'une même table

Organisés sous l'égide de la Russie, de l'Iran et de la Turquie, ces pourparlers réuniront pour la première fois autour d'une même table combattants rebelles et représentants du président syrien Bachar al-Assad depuis le début de la guerre il y a près de 6 ans.

Dans la capitale kazakhe, les délégations du régime syrien et des rebelles seront conduites par les mêmes représentants qu'aux pourparlers indirects organisés sans succès en Suisse ces dernières années. La Russie, qui soutient le régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles, ont initié un accord de cessez-le-feu entre les forces du régime et les mouvements rebelles fin décembre, mais les violences ont repris dans certaines parties du pays.

Jeudi à Genève, le chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire en Syrie, Jan Egeland, s'est dit particulièrement préoccupé face à la situation à Deir Ezzor, où l'étau des djihadistes se resserre et empêche l'acheminement de l'aide de l'ONU depuis le week-end dernier.

Assiégés par les djihadistes depuis le début de 2015, quelque 93.000 habitants ont survécu jusqu'à présent dans la partie tenue par le régime, qui représente un tiers de cette ville de l'est syrien, grâce aux largages aériens d'aide humanitaire effectués par le Programme alimentaire mondial (PAM), la Syrie et la Russie.

Or l'offensive menée par les djihadistes leur a permis de couper la ville en deux et de "prendre le contrôle de la zone de largage", a expliqué M. Egeland. L'ONU est d'autant plus inquiète pour les habitants que "l'hôpital qui soignait les blessés a dû être déplacé à la suite de tirs".

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