À Alep, la "course contre la montre" pour éviter une catastrophe humanitaire

Des hommes de la défense civile, plus connus sous les noms de "Casques blancs", sortent une victime des décombres après un bombardement sur Alep.
Des hommes de la défense civile, plus connus sous les noms de "Casques blancs", sortent une victime des décombres après un bombardement sur Alep. - © THAER MOHAMMED - AFP

L'ONU est horrifiée, horrifiée de l'escalade des violences en Syrie, et particulièrement dans la ville d'Alep au nord du pays. Les bombardements du régime syrien et de l'armée russe se poursuivent. Ils frappent plus fort encore depuis plusieurs jours. L'émissaire de l'ONU était à Damas ce dimanche pour en discuter avec le régime syrien.

La fin des attaques contre les civils, c'est ce qu'est venu demander Staffan de Mistura à Damas. "Le temps est compté et nous menons une course contre la montre" pour éviter une catastrophe humanitaire, a déclaré l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie.

"Tous les indicateurs clignotent rouge"

Le déluge de roquettes, d'obus et de barils d'explosifs a fait une centaine de victimes ces derniers jours selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La ville était déjà à genoux.

"Tous les indicateurs clignotent rouge que ce soit les niveaux de nourriture qui sont en baisse, sur le plan de la santé, résume Robert Mardini, directeur régional pour le Moyen-Orient du CICR, le Comité International de la Croix-Rouge. Les hôpitaux ont été touchés durant ce conflit. Sans parler de l’électricité qui n’est pas présente, sans parler des stocks de fuel qui sont nécessaires pour le fonctionnement des générateurs qui font fonctionner les stations d’eau pour l’approvisionnement à l’eau potable. Cela est également problématique."

Le plan de l'ONU est relativement simple : l'arrêt des bombardements des deux côtés, le départ des djihadistes de l'ancien Front al-Nosra, et laisser aux rebelles modérés l'administration des quartiers Est de la ville. Mais face à cette proposition onusienne, la réponse de Damas ne s'est pas faite attendre : c'est non.

Le Conseil de Sécurité va évoquer les efforts humanitaires aujourd'hui dans l'après-midi.

Avoir le feu vert des hommes qui ont le doigt sur la gachette

L'ONU veut un accès immédiat aux quartiers Est d'Alep, pour fournir de l'aide aux populations civiles. De nombreuses ONG attendent ce feu vert des différentes parties du conflit. Comme le CICR, le Comité International de la Croix-Rouge.

"On a de la nourriture, on a des pièces détachées pour les stations d’eau, on a du matériel médical, des médicaments pour les maladies chroniques, aussi du matériel chirurgical. Donc, on est prêt", assure Robert Mardini.

"Pour pouvoir envoyer ça à Alep Est, il faut tout simplement l’autorisation des parties en conflit et leur consentement. On ne va pas faire une action humanitaire si on n’a pas un minimum de garanties sécuritaires et l’acceptation des parties en conflit, en gros, les hommes qui ont le doigt sur la gâchette, parce que c’est finalement cette acceptation qui est notre garant de notre sécurité."

Mais Damas et Moscou semblent déterminés à reprendre coûte que coûte la partie Est d'Alep, avant le 20 janvier et l'entrée en fonction du président américain Donald Trump.

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