Israël: face aux attaques au couteau, les Israéliens s'arment

Israël: Face aux attaques au couteau, les Israéliens s'arment
Israël: Face aux attaques au couteau, les Israéliens s'arment - © THOMAS COEX - AFP

Un Palestinien armé a attaqué la gare routière de Beersheba, dans le sud d'Israël dimanche, tuant un militaire et blessant onze autres personnes. En deux semaines, 42 Palestiniens et sept Israéliens sont morts dans des heurts et des agressions dans la région.

L'assaillant, identifié par les médias palestiniens comme étant Assam al Araj, originaire de Chouafat, dans la banlieue de Jérusalem, a été abattu après de longs échanges de coups de feu. Celui-ci a pénétré dans la gare routière, abattu un militaire à l'aide d'une arme de poing avant de lui prendre son fusil d'assaut, dont il s'est servi pour tirer sur ses autres victimes, a expliqué Yoram Halévy.

Les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, ont qualifié l'attaque de Beersheba de "réaction naturelle aux exécutions de Palestiniens par Israël".

Assurer soi-même la sécurité

Face à la vague d'attaques au couteau, à Jérusalem notamment, les effectifs de policiers et militaires ont été renforcés dans la ville. Mais les Israéliens comptent aussi eux-mêmes pour assurer leur sécurité.

"On est soldat en permanence", affirme Madi Tiaou, 19 ans. Il fait son service militaire mais est en permission. Il porte son fusil M16 en bandoulière puisque comme le veut la règle, il ne doit jamais quitter son arme. "Je vais voir un ami", poursuit-il, "Je sais qu’il est de ma responsabilité d’être toujours prêt au cas où. On continue à faire nos vies et je m’amuse avec mes amis. Jeudi soir, j’ai eu un rancard avec une fille. J’avais mon fusil et tout le monde s’en fiche parce qu’on continue à vivre sans se laisser effrayer par les terroristes."

Poussée de xénophobie

Porter une arme en rue, ce n'est désormais plus l'apanage des militaires. Les civils ont fait le choix d'assurer leur propre sécurité notamment parce que le port d’arme a été facilité par les autorités israéliennes pour ceux qui habitent dans des zones jugées à risque. Esther figure parmi les Israéliens qui ont fait ce choix: "Je prends des cours de tir", explique-t-elle tout en précisant qu'elle ne possède pas encore d'arme car elle n'a pas encore terminé sa formation.

"J’habite seule et il y a des travailleurs étrangers comme des Soudanais. Ils sont juste à côté. Est-ce que je vais risquer ma vie ? Non!", déclare-t-elle. Ces derniers jours, les ventes d'armes ont explosé dans les armureries du pays. Les étrangers sont considérés comme une menace par une partie de la population, y compris les enfants arabes? "Oui, absolument!" répond Esther.

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