Revue de presse : un 8 mai fort fort lointain

Et forcément ce matin, la presse décrypte et analyse les décisions du Comité de Concertation avec une idée qui revient : la désillusion.

Des mesures en trompe-l’œil

"Grande désillusion", titre l’Avenir en Une.

L’Horeca voulait une ouverture le 1er mai. Il n’en sera rien, le service sera limité aux terrasses et pas avant le 8 mai.

Autre manière de présenter les choses, la métaphore météo : " timide éclaircie ", titre l’Echo qui présente en Une un dessin de presse.

L’oiseau belge, coincé dans une cage, une main ouvre une minuscule porte où le volatile pourra à peine passer la tête.

Cette ouverture, cette éclaircie, c’est un trompe-l’œil, dit le quotidien.

A peine un peu de pression que l’on relâche, un petit pas en avant. Mais juste un petit pas, assurément, cela semble insuffisant pour endiguer le ras-le-bol des citoyens et il y a plus ou moins, disons l’approche de la crise et de sa gestion reste inchangée. Nos gouvernants n’ont pas entendu l’appel à vivre avec le virus.

Un compromis qui déçoit

La Dernière Heure compare les Belges à des détenus, libérés mais sous condition et elle présente en Une le calendrier des assouplissements annoncés.

  • 19, voyage à l’étranger et quarantaine pour les retours de zones rouges.
  • 26, commerces non essentiels et bulle de 10.
  • 8 mai, terrasse, fin du couvre-feu, plan plein air, parc d’attractions, brocante.

Le 8 mai, c’est encore loin, mais quand on entend ce que la presse cite, c’est un quasi-déconfinement. D’autant que la perspective encore plus lointaine de juin offre là encore d’avantage de contact sociaux, d’activité, et même tout au bout du bout, la fin du télétravail obligatoire.

Ce 8 mai provoque un gros malaise autour de l’Horeca constate le Soir.

Le compromis, pas le 1er, comme voulaient les ministres présidents, pas le 15 comme voulait Frank Vandenbrouck, mais le 8.

Pas les salles, comme voulait le secteur mais juste les terrasses, pour contenter le citoyen. Ce compromis ne calme pas un secteur qu’on sait en colère. C’est que le Comité joue la prudence avant tout dit la Libre.

Prudence malgré la fronde qui couve, prudence nécessaire, oui, mais peut-être excessive, souffle le quotidien en édito. Peut-être, plutôt que ce 8 mai, mais peut-être aurait-il été plus salutaire de jouer la confiance.

 

Blues généralisé

En attendant, le Soir constate la déprime qui a gagné le pays. Un blues généralisé que même les bonnes nouvelles ne parviennent pas à dérider.

Mais que se passe-t-il ? Où est passé le Belge jovial et de bonne humeur ? Il se passe qu’il a mûri, que l’expérience d’un an de Comité et de conseil lui a appris qu’en temps de covid, une promesse à plus de 15 jours n’a aucune valeur. Et que les engagements même les plus fermes peuvent se déliter au fil des contaminations.

Les écoles rouvrent ? Faut le dire vite, parce qu’à partir de la 3e secondaire, c’est ouvert au distanciel.

La promesse pour la culture ? On sait qu’elles sautent d’un comité à l’autre depuis un an, pourquoi, cette fois, en serait-il autrement ?

Alors, dans cette perspective, on peut comprendre le blues des Belges.

Parce qu’hier, les membres du comité ont mis 7 heures à se mettre d’accord. A l’issue, ils avaient l’air de sortir d’un ring de boxe.

Sans message construit, sans enthousiasme, sans tentative de convaincre ou de donner à chacun des raisons de se projeter.

Des si qui s’accumulent

Début de semaine, 3 scientifiques proposaient que l’on change de paradigme qu’on accepte de gérer la crise non plus par secteur mais désormais par zone de contamination. Proposition balayée par une phrase inventée il n’y a plus de 6 mois, la promesse de passer d’une gestion de crise à une gestion de risque.

D’autant, et ça, c’est le Laatste Nieuws qui ajoute ce gros caillou sur la route du déconfinement, d’autant que les autorités ont été très précises.

L’ouverture des terrasses, le 8, ce sera si et seulement si la vaccination suit le calendrier. Les soins intensifs s’améliorent durablement et si les citoyens ne font pas n’importe quoi d’ici là.

Sinon, la date du 8 mai deviendra un oui, mais non.

 

 

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