Revue de presse : "Qui peut bien soutenir un terroriste ?"

Deux grands titres à la une ce matin, la chasse à l’homme et le détournement d’un avion en Biélorussie.

 

La traque de Jürgen Conings

Les journaux reviennent sur la semaine écoulée, sur les pistes, sur les enjeux politiques et s’interrogent aussi sur les soutiens au militaire d’extrême droite.

On a vu plusieurs manifestations de soutien à Maasmechelen.

Des soutiens qui se manifestent aussi sur les réseaux sociaux. Hier soir, le compte Facebook "Als 1 achter Jurgen", qu’on pourrait traduire par "tous unis derrière Jurgen", comptait plus de 45.000 membres, nous dit Het Laatste Nieuws.

"Qui peut bien soutenir un terroriste ?"

Le Soir interviewe un psychologue, Geoffrey Pleyers, qui explique qu’il y a sans doute plusieurs publics, plusieurs motivations derrière ces soutiens à Jurgen Conings. "" On a un espace public polarisé, en particulier sur internet, avec des narratifs différents où les gens peuvent parfois vivre dans un univers d’information parallèle." Quitte à occulter l’aspect " terroriste " pour ne garder que l’esprit " anti-système " ou "anti-politique sanitaire du personnage qu’on porte aux nues."

Qui peut bien soutenir un terroriste ?

Le Soir interviewe un psychologue, Geoffrey Pleyers, qui explique qu’il y a sans doute plusieurs publics, plusieurs motivations derrière ces soutiens à Jurgen Conings.

"On a un espace public polarisé, en particulier sur internet, avec des narratifs différents où les gens peuvent parfois vivre dans un univers d’information parallèle. " Quitte à occulter l’aspect " terroriste " pour ne garder que l’esprit " anti-système " ou anti-politique sanitaire du personnage qu’on porte aux nues."

Des supporters, Jurgen Conings jusqu’en Wallonie

Même parmi les mandataires communaux. C’est ce qu’on lit dans les journaux du groupe Sudpresse.

"Ainsi Perrine Laine, conseillère CPAS de l’opposition Liste Athoise (LA), a partagé sur sa page Facebook deux posts qui font polémique. Sur le premier, elle publie des émoticônes positifs et enthousiastes sur une photo du militaire avec cette inscription " Nous sommes tous Jürgen. Et nous le soutenons à 1.000% ". Sur le second, où un internaute dit " 100 comme lui et les problèmes sont réglés en Belgique " et " 1000 comme lui et les problèmes sont réglés en Europe ", la conseillère ajoute ce commentaire : " Au moins un qui en a des grosses "."

Perrine Laine a retiré ses deux posts suite à la polémique qui s’en est suivie.

Le détournement de l’avion Ryanair, une histoire digne d’un film

Un événement largement commenté dans presque tous les éditos. Il faut dire que ce détournement a tout d’un scénario de film.

La Libre nous dit :

"Imaginez l’inimaginable. Un dictateur (Alexandre Loukachenko), réélu à la faveur d’élections éhontément truquées, dont le pouvoir ne tient que grâce à une répression féroce. Un dirigeant, sous sanctions européennes, qui monte une opération secrète de ses services de renseignement (le KGB), pour forcer – chasseur MiG-29 à l’appui – un avion de la compagnie Ryanair reliant deux capitales européennes (Athènes et Vilnius) à atterrir dans la sienne (Minsk) en simulant une alerte à la bombe. Le tout pour mettre la main sur le jeune journaliste dissident Roman Protassovitch. L’inimaginable est devenu réalité dimanche."

La Libre poursuit : "En piratant un avion de ligne, la Biélorussie s’est comportée comme un État voyou, envoyant un message clair à ses opposants : vous n’êtes en sécurité nulle part, pas même dans l’Union européenne."

Même tonalité dans l’édito de la Dernière Heure : "Un flyjacking jamais vu dans le ciel européen, et une démonstration par A + B que nous ne sommes pas à l’abri, même sur le Vieux Continent, même dans un avion siglé d’une compagnie aérienne de l’UE, d’être, demain, les potentielles victimes d’une prise d’otage orchestrée par le terrorisme d’État."

Idem dans le Soir : "Ce n’est pas seulement à Minsk mais sur les terres et dans le ciel de l’Union européenne qu’un jeune journaliste biélorusse a été privé sauvagement de liberté. Cette fois, c’est sous nos yeux que le compagnon du vol Ryanair FR 4978, Roman Protasevich, a disparu des radars protecteurs européens."

Le début d’une réponse européenne

"Nous les avions complètement oubliés", ces manifestants biélorusses qui réclament depuis des mois, plus de démocratie, dit De Morgen. Le détournement d’un vol Ryanair par cet horrible régime présente au moins un grand avantage : Protasevich et ses compatriotes ont maintenant l’attention du monde, peut-être juste pour un moment. Il sera en tout cas difficile pour l’Occident de prétendre "qu’il ne sait pas ce qui se passe en Biélorussie".

Face à la gravité des faits, les éditorialistes appellent à une réponse forte de l’Union européenne. Pour de Standaard, la fermeture de toutes les vannes financières pour le président Loukachenko et son entourage, l’interruption du trafic aérien européen avec la Biélorussie et une enquête internationale sur les responsables du détournement d’avion, toutes ces mesures, ne peuvent être qu’un début de réponse.

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