Revue de presse : les réactions face à l’affaire Jürgen Conings sont-elles insuffisantes ?

Dans la presse, les éditorialistes sont très inspirés par l’affaire Jürgen Conings et par la place de l’extrême-droite en Belgique.

Absence de réaction face à la menace ?

La menace, elle existe, on le sait bien. Ce n’est pas une surprise, dit De Morgen. Ça fait des années que les rapports de la sécurité belge et européenne mettent en garde sur la résurgence d’une extrême-droite violente. Mais ce que le quotidien ne comprend pas, c’est la réaction que ça provoque. Ou plutôt l’absence de réaction. Pourtant les faits sont suffisamment graves : "Un homme lourdement armé qui a des projets terroristes et qui a disparu dans la nature, une mosquée et un scientifique de renom qui sont menacés, un immeuble de médias qui doit être évacué, des journalistes qui sont l’objet de menaces".

Et pourtant, on nous demande de la compréhension. On détourne l’attention : est-ce que Marc Van Ranst ne l’a pas un peu cherché "met zijn grote mond", avec sa grande bouche pour le dire poliment.

On a déjà observé cette attitude : en 2010, quand l’islam radical se dévoile en Belgique sous la forme de Sharia4belgium, on les avait traités de clowns, de marginaux insignifiants. On appelait là aussi à la compréhension pour ces personnes radicalisées, pleine de frustrations et de mécontentement.

Jusqu’à ce que surviennent les attaques.

Allons-nous, aujourd’hui encore, rester assis à écouter avec compréhension ? Jusqu’à ce que la situation devienne hors de contrôle ? C’est la question que pose De Morgen.

Notre vulnérabilité face aux cyber-attaques

L’extrême-droite est une menace pour les institutions. Il y en a une autre, c’est la cyber-menace.

Et en la matière, nous sommes sans doute plus vulnérables que nous le pensons. La cyber-attaque dont les systèmes du Service public fédéral Intérieur ont été l’objet est effrayante, dit De Standaard. C’est devenu la nouvelle arme géopolitique. Et pas sûr que l’occident possède les meilleures cartes en la matière.

Le quotidien rappelle les événements récents. Au début du mois, quand réseau Belnet a été paralysé.

Quand la Russie a tenté d’influencer le résultat des élections américaines après une opération de piratage informatique.

Quand un oléoduc américain a été fermé après une cyberattaque.

"Aujourd’hui, il s’agit simplement d’un pipeline, demain, il pourrait s’agir d’un système de satellites, d’un câble de télécommunications sous-marin, ou une centrale nucléaire. Nous sommes plus que jamais dépendants de la technologie numérique."

Travailler sur le retour volontaire des candidats à l’asile déboutés

En une du Tijd, on lit le nouveau plan du secrétaire d'Etat à l’asile et à la migration.

Sammy Mahdi veut travailler sur le retour volontaire des candidats à l’asile déboutés. "C’est le point faible de la politique migratoire européenne", dit De Tijd. Chez nous, seuls deux demandeurs d’asile déboutés sur 10 retourneraient dans leur pays d’origine.

Les autres soit entameraient des recours soit disparaissent dans l’illégalité. Il ne s’agit toutefois pas de chiffres officiels, mais d’estimations. Sammy Mahdi veut encourager les retours volontaires, et pour cela, il veut recruter de nouveaux fonctionnaires, 90 au total, qui devront accompagner les candidats déçus et les préparer à un retour. S’ils s’y opposent, restera toujours le retour forcé, mais ce n’est pas la solution privilégiée, en raison de son coût : un retour individuel coûte 2.700 euros. En cas de rapatriement forcé on arrive aux environ de 12.000 euros.

Ce nouveau plan, le secrétaire d'Etat doit le présenter ce mercredi au parlement.

"Loukachenko continue à braver l’Europe à ses portes en toute impunité"

Dans L’Avenir, on commente les sanctions prises par l’Union Européenne contre la Biélorussie, après le détournement d’un vol Ryanair et l’arrestation d’un opposant au régime.

"Alors que l’Europe semble bien démunie au-delà de ses indignations verbales face à cette violation flagrante du droit international, une résolution plus musclée est attendue ce mercredi de la part du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’issue d’une réunion d’urgence qui se tiendra à huis clos. Cette session, demandée par la France (mais aussi l’Irlande et l’Estonie), risque cependant de ne pas déboucher sur grand-chose de concret, vu le probable veto russe. En attendant, Loukachenko continue à braver l’Europe à ses portes en toute impunité, avec probablement le rire gras face à l’impuissance du Vieux Continent. De quoi faire monter d’un cran supplémentaire les tensions est-ouest, en prélude au premier sommet Biden-Poutine, prévu le 16 juin."

Stop au hard discount de la pensée

Et dans tous ces débats, il y a un quotidien qui voudrait apporter un peu de nuance.

De la nuance par pitié. C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’édito du Soir.

"Ils et elles sont nombreux à fermer la boîte à messages et à tweets. Fatigués d’échanges souvent stériles qui ne véhiculent plus du fond mais des avis, qui ne veulent pas nourrir un débat mais cherche à coincer l’autre et le déconsidérer."

"On ne cherche plus à argumenter, mais à jeter l’anathème".

Le Soir dénonce "la foire aux simplismes, aux évidences à bon marché", les "trois phrases qui tuent". Certaines personnalités gagneraient à "limiter leur expression publique à leur savoir", calmant les émotions, élevant le débat, plutôt que d’alimenter le feu. Et de citer un extrait du récent livre de Jean Birnbaum, "Le courage de la nuance", qui dénonce le "hard discount de la pensée", "alors que notre société, confrontée à tellement de défis, aurait besoin d’un peu de sérénité et de vérité."

 

 

 

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