Revue de presse : le scénario de la série Squid Game inspire désormais les jeux dans les cours de récré

La semaine de la démocratie, initiée par la RTBF, inspire les éditorialistes.

Singapour, une dérive autoritaire qui ne crée pas beaucoup d’émoi

En tout cas celui de La Libre rappelle ce chiffre, du sondage Kantar réalisé pour la RTBF : un Belge sur trois estime que nous serions mieux lotis dans les mains d’un dictateur.

Et à propos de dictateurs et de régimes peu fréquentables, La Libre s’étonne de la relation que nos gouvernements continuent d’entretenir avec certains, sans que cela fasse débat. "Alors que nous vivons dans une époque où l’opinion remet tout en question" : la consommation et la mobilité, les choix énergétiques, les rapports homme femme etc.

Et il y a un régime en particulier qui est ici dans le viseur : Singapour.

La Cité-Etat de 6 millions d’habitants a tendance à "rogner sur les libertés individuelles, au nom de l’intérêt collectif". Et c’est d’autant plus vrai avec ces dernières nouvelles peu réjouissantes qui nous viennent de Singapour : le vote d’une loi renforçant le contrôle sur l’Internet et les réseaux sociaux, mais aussi la mise en service de robots patrouilleurs destinés à mieux réprimer les "comportements indésirables". La Libre y voit une dérive autoritaire, comme d’autres sont à l’œuvre dans de grands pays comme la Chine ou la Russie. Mais ici, elle ne cause pas beaucoup d’émoi chez les défenseurs des droits humains.

On évoque aussi la démocratie dans l’édito du Soir, à propos de la réforme de l’Etat.

Mais pas une réforme à l’ancienne, faite de trocs (je te donne la régionalisation des soins de santé contre une baisse des impôts), entre partis, au finish, dans un château : "il faut partir d’une véritable évaluation du passé et d’une analyse des freins et des blocages".

Le Soir salue à ce propos la consultation des administrations, invitées à donner leur avis sur ce qui fonctionne ou pas.

"C’est sur cette base et après avoir consulté les citoyens – ce qui doit se faire de manière crédible et professionnelle – qu’on devrait retoucher la structure existante".

La série Squid Game débarque dans les récrés

Dans les journaux, il y a aussi la série Squid Game qui fait la une.

On resitue le contexte : Squid Game, série sud-coréenne produite par Netflix, qui connaît un succès extraordinaire.

Le scénario est ultraviolent. Des centaines d’adultes participent à un jeu, dont les épreuves sont apparemment innocentes, comme un "Un, deux, trois soleil" (ou "un deux trois piano" comme on dit en Belgique).

A la différence que ceux qui perdent sont morts. Pas au figuré, mais au propre ! Puisqu’ils sont tout simplement massacrés.

Une fiction à laquelle des enfants ont manifestement eu accès, puisque le scénario inspire désormais les jeux dans les cours de récré.

A Erquelinnes, la directrice de l’école communale a même posté un message sur Facebook, rapidement devenu viral : dans la cour, les enfants qui perdent sont roués de coups.

Plusieurs quotidiens en font leur une ce matin. La Dernière Heure, les journaux du groupe Sud Presse, L’Avenir, ou encore La Libre avec ce titre : "Comment expliquer le succès de la série Squid Game auprès des jeunes". Le quotidien qui propose un débat sur le phénomène.

Un phénomène qui ne touche pas que l’établissement d’Erquelinnes, dit L’Avenir, qui en fait son édito.

"En publiant cette mise en garde, la jeune directrice a rappelé aux parents leur devoir de vigilance. Qu’il ne faut pas laisser seul l’enfant devant son écran. Qu’il faut s’intéresser à ce qu’il regarde."

La DH qualifie cette directrice d’école de "lanceuse d’alerte", et la félicite.

En rappelant au passage le rôle des parents, et l’importance d’un dialogue avec les enfants, dans une époque où le temps passé sur les écrans a tendance à creuser la distance.

Les peines de prison pas forcément adaptées à tous les types de délinquance

Le parquet d’Anvers prend au sérieux les crimes de haines.

Le parquet d’Anvers voudrait envoyer ceux qui enfreignent la loi anti-discrimination faire une visite de la caserne Dossin. C’est la Une du Standaard.

La caserne Dossin, c’est un musée, à Malines, qui prend comme point de départ l’holocauste pour illustrer plus largement les mécanismes qui peuvent mener à des violences de masse.

L’idée du parquet d’Anvers, c’est que des peines de prison ou des amendes ne sont pas la bonne réponse face à ce type de délinquants.

Il serait plus efficace de proposer aux contrevenants une visite guidée d’une heure à la caserne Dossin, suivie d’un rapport écrit sur leur réflexion en lien avec la loi anti-discrimination. Si le parcours est jugé satisfaisant, l’affaire sera classée.

Pas question toutefois d’y envoyer des néonazis ou des extrémistes religieux.

On parle plutôt ici de délinquants occasionnels.

Pour l’instant ce n’est qu’un projet pilote, mais d’autres parquets pourraient suivent l’exemple d’Anvers.

De Standaard y voit une étape importante et une initiative louable. Tout cela devra bien sûr être évalué. Mais pour le quotidien, l’important, c’est le signal : celui que le système judiciaire prend au sérieux les discours de haine.

 

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