Revue de presse : le mystère Jürgen Conings continue

En Une, ce matin, la presse évoque la découverte du corps de Jürgen Conings.

" La mort comme point final ". C’est la Une du journal Le Soir.

Même si le quotidien en est bien conscient, cette découverte, ce corps retrouvé sans vie, ce n’est le point final que de la traque. Ce n’est que la fin des opérations de recherche.

 

Pour le reste, " le mystère reste ", dit la Libre. Et il restera probablement entier.

Bien sûr, la population peut lever cette angoisse du coin de sa tête.

L’affaire Conings peut être classée et la menace levée, il reste néanmoins de très nombreuses questions :

 

Pourquoi un homme, engagé dans le camp de ceux qui doivent protéger la société, pourquoi bascule-t-il soudain ? Se demande Le Soir.

Plus largement, pourquoi, alors même que cet homme menace de passer à l’acte, recueille-t-il l’adhésion de certains ?

 

Des questions restent en suspens

Le dénouement tragique de cette affaire ne doit pas occulter le reste, dit De Standaard.

Pour ce qui est des procédures, rappelons-nous qu’un militaire classé suspect de terrorisme a pu accéder à des armes.

Pour ce qui est des faits, rappelons-nous que l’homme a volé des armes de guerre et menacé de les employer.

 

Déjà des théories complotistes sont apparues. Pour la plus farfelue, Jürgen Conings aurait été abattu parce qu’il savait de "prétendue vérité " sur le Covid… C’est inquiétant, reconnaît De Standaard.

Qu’une part importante de la société se sente à ce point rejetée par le système qu’elle en vienne à ignorer ou à minimiser la réalité.

En Flandre, constate l’Avenir, cinquante mille personnes ont marqué leur soutien au militaire que l’on croyait en cavale. Ceux-là voulaient peut-être y voir une sorte de héros luttant seul contre tous, prêt à mourir pour une cause plus grande que lui.

Aujourd’hui, Jürgen Conings n’est plus recherché. Mais ses soutiens, eux, sont toujours bien en vie. " Comment vont-ils réagir ? ", se demande l’Avenir ? Continueront-ils à incendier les virologues sur les réseaux sociaux ?

C’est inquiétant qu’au cocktail déjà connu, malaise culturel, incertitude économique et problème personnel, la pandémie soit venue rajouter un ingrédient toxique.

 

Il aurait été bien plus bénéfique, pour tous et pour la société, que l’homme soit amené à rendre des comptes devant un tribunal. Ce n’est plus possible.

Aurait-il pu pour autant nous aider à répondre aux questions que formule Le Soir ? Qu’est-ce qui nourrit la haine ? Qu’est-ce qui provoque ce rejet de la démocratie ? Cette conviction que la politique, les politiques, ne répondent plus aux attentes ?

A cet égard, ajoute Le Soir, Jürgen Conings doit apparaître comme un avertissement.

 

C’est la première fois que la France connaît un tel taux d’abstention aux élections régionales de ce dimanche

Un électeur sur trois s’est rendu aux urnes.

En somme, et c’est la Une du journal Libération, les Français ont décroché.

On aurait voulu, comme il est de coutume, soupeser le rapport des forces, ajoute Le Figaro.

Impossible. L’abstention vertigineuse suspend l’analyse et sonne l’alerte civique.

Non, ce n’est pas juste un effet "arrivée des beaux jours".

Ce n’est pas juste l’euphorie post-covid ou l’ennui, bien compréhensible, que provoque les enjeux régionaux. Les Français restent éminemment politiques, dit Libé. Depuis le début de la crise sanitaire, ils se sont aussi montrés capable de maturité citoyenne.

Pourquoi, à l’heure du vote, cette désertion ? Ce n’est pas faute d’une demande politique, écrit Libé. C’est l’offre politique actuelle qui laisse l’électeur au bord de la route.

Le constat est partagé par Le Figaro. L’abstention n’est pas le fruit d’un accident, pas le produit du hasard, énumère le quotidien. C’est plutôt une colère qui gronde et qui vise large.

La cible ? Tout qui possède une parcelle du pouvoir. Politique, économique, médiatique. Tous accusés pêle-mêle d’impuissance ou pire d’indifférence.

Hier, la révolte des gilets jaunes se nourrissait de cette colère. Aujourd’hui, elle alimente cette dissidence civique.

Et Le Figaro conclut d’une question : qu’en sera-t-il demain ?

 

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Une du journal français Le Figaro. © Gopress
Une du journal La Libre. © Gopress
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