Revue de presse : "Le meurtre brutal de Beveren vient nous rappeler que la société a d'autres défis majeurs à relever "

Dans la presse, c'est le meurtre probablement homophobe d'un homme à Beveren qui fait la Une.

 

Les suspects de l’assassinat à Beveren âgés de 16 et 17 ans

Tous les journaux néerlandophones titrent en une sur ce drame. Mais curieusement pas côté francophone, à peine un encart sur l'homophobie dans coin de la une du Soir. Comme si ça devait moins nous préoccuper, dès lors que ça se passe de l'autre côté de la frontière linguistique.

La presse qui apporte des infos : les trois jeunes auteurs présumés se sont rendus à la police. Ils ont 16 ou 17 ans. Dans Het Laatste Nieuws, on lit qu'ils étaient déjà connus de la justice, pour des faits de vandalisme et de vols avec violence. Et ils auraient déjà tendu des pièges à au moins deux autres homosexuels. Comme pour l'homme de 42 ans retrouvé mort, ils leur avaient fixé rendez-vous via l'application de rencontre Grindr, avant de les agresser, pour les voler. Espérant sans doute que les victimes n'oseraient pas porter plainte.

Le chemin est encore long

"La Flandre est pleine de connards misogynes et frustrés" écrit l'éditorialiste du Morgen.

"Le meurtre de Beveren est un choc" dit De Standaard.

Ces derniers temps, nous avons été obnubilés par la pandémie, et sa gestion. Mais ce meurtre brutal vient nous rappeler que la société a d'autres défis majeurs à relever. On pourrait pourtant croire que la Belgique a fait du chemin, dit De Standaard.

On a même pu à un moment se prendre pour des exemples au niveau mondial, les premiers à avoir un premier ministre homosexuel, puis une vice-première transgenre. Des non-événements chez nous, alors que les médias étrangers y voyaient une preuve de la maturité de notre société.

"Cette belle image, malheureusement, ne reflète pas la réalité quotidienne. Les membres de la communauté LGBTQI+ doivent encore trop souvent être prudent dans la rue, ne pas trop se faire remarquer, ignorer les provocations les insultes plutôt que de répliquer".

"Le chemin vers une société qui accepte chacun est encore long", conclut De Standaard.

"De weg is nog lang", c'est aussi l'avis du Nieuwsblad, qui souligne que ce drame a provoqué un effet MeToo. Il a suscité une profusion de témoignages sur les réseaux sociaux. Ceux qui jusqu'ici avaient préféré garder le silence, par peur, par gène, pour tenter d'oublier ce qui s'est passé, ceux-là se mettent à parler.

L'interview de Meghan et Harry, tout simplement incontournable

L'interview de Meghan et Harry n'est pas passée inaperçue, avec cette question en une du Soir : "La famille royale britannique est-elle raciste ?"

Pour rappel, dans une interview diffusée dimanche soir au Etats-Unis, hier soir en Europe, le couple princier Meghan et Harry se livrait sur ses difficultés avec la couronne britannique et expliquait son choix d'avoir renoncé à tout, et quitté le Royaume Uni.

Meghan Markle explique notamment que des membres de la famille royale avaient des inquiétudes quant à la couleur de son futur enfant, s'il serait plus ou moins noir. De là à parler de racisme ?

Le correspondant du Soir à Londres rappelle que la royauté n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à dénoncer l'esclavage pratiqué par les anglais, que ce soit Charles ou son fils William. Mais il faut admettre que malgré ses efforts de modernisation, la cour d'Angleterre reste peu sensible à la diversité.

Ces récentes accusations impitoyables et très médiatisées, pourtant ne devraient pas ébranler la couronne, lit-on dans l’édito du Soir.

La Reine Elisabeth reste ultra populaire au Royaume Uni, d'autant plus en cette période trouble de Brexit et de pandémie, où elle apparait comme un "point fixe dans la tourmente".

Réécouter la revue de presse d'Aline Goncalves dans Matin Première

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