Revue de presse : " Le gouvernement n’ose pas gouverner"

Les quotidiens commentent en long et en large les décisions ou plutôt l’absence de décisions du comité de concertation, qui s’est tenu hier, autour de la première ministre Sophie Wilmès et critiquent aussi l’inaction du monde politique.

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Le flou règne et les nouvelles infections se multiplient

La presse critique l’inaction du monde politique.

C’est un peu facile dit Het Nieuwsblad.

Après une semaine de chiffres alarmants et des lacunes dans les enquêtes sur les contacts, ils viennent nous dire que l’essentiel maintenant est de mieux suivre les mesures.

"C’est comme avertir que la maison est en feu, pour ensuite indiquer aux occupants où se trouve l’extincteur. Bien sûr, cela n’est jamais complètement inutile. Mais ce n’est pas suffisant. Si la maison est en feu, les pompiers doivent intervenir et éteindre l’incendie."

Le gouvernement n’ose pas gouverner dit Het Laatste Nieuws, qui trouve que la communication qui a suivi le comité de concertation était d’un flou choquant.

 

On nous dit que le respect des mesures existantes fera l’objet de contrôle plus strict, mais on ne dit pas comment. On précise que les infections se produisent principalement autour de "certains événements et/ou cercles sociaux", mais personne n’ose les nommer.

Et deux ministres affirment que le retour des vacanciers est un des moteurs de nouvelles infections. Mais ils n’osent pas fermer à nouveau les frontières.

"Si vous n’avez pas encore réservé, restez autant que possible en Belgique", c’est ce qu’a déclaré le ministre de l’intérieur Pieter De Crem. Un peu comme des parents qui diraient à leur enfant : "je te déconseille de sortir jusqu'à 3 h du matin, mais je ne te l’interdis pas".

Et l’éditorialiste du quotidien flamand ironise :

"Conseillons "vivement" au coronavirus de ne plus se propager. Voyons si cela peut aider."

 

La population a besoin de clarté

Ce sont tous les journaux flamands ou presque qui commentent cette actu. De Morgen aussi, qui est un peu moins critique.

 

Demander à la population de respecter les règles, rappeler qu’elles existent, mettre les points sur les i, tout ça a du sens.

 

Surtout en ce qui concerne le nombre de contacts autorisés.

 

Qui peut dire, la main sur le cœur, qu’il ne voit pas plus de 15 personnes par semaine ?

 

Mais la population a également besoin de règles claires et logiques. Les psychologues l’expliquent depuis le début de cette crise. Et ici il n’y pas de logique. Dans certaines rues commerçantes on circule dans un sens d’un côté, dans l’autre sur le trottoir d’en face, mais par exemple sur la digue de Blankenberge, aucun sens obligatoire. Pareil pour les masques. S’ils avaient été obligatoires dès le début dans tous les lieux publics, tout cela aurait été plus clair pour tout le monde. Et ces règles sont alors aussi mieux respectées.

 

 

Les négociations au fédéral s’invitent dans la presse

"Contre le virus, il n’y a pas d’exclusive qui tienne" c’est l’édito du Soir.

qui met en parallèle deux phrases de Paul Magnette,

  • 13 juin 2019 : "Le PS ne gouvernera pas avec la N-VA"
  • 14 juillet 2020 "on peut envisager de gouverner avec la N-VA".

Ce n’est pas un glissement sémantique dit le quotidien. C’est carrément un virement de bord, c’est le piège des exclusives. Dans lesquelles Charles Michel est aussi tombé, avant de convoler avec les nationalistes.

Mais ici ce qui est en jeu, c’est de donner d’urgence au pays un gouvernement de plein exercice pour lutter contre une crise sanitaire dont nous ne sommes toujours pas maîtres. Il est possible de se mettre ensemble au service de cet objectif sans se renier. C’est vrai pour le PS et pour la N-VA. dit le quotidien.

 

Pour La Libre aussi, il serait logique que les deux plus grands partis de chaque communauté s’associent afin que naisse enfin un accord qui offre aux Belges ce qu’ils méritent : une relance économique vigoureuse, une justice fiscale une protection sociale, et une ambition environnementale.

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