Revue de presse : le CNS face à l’exaspération des Belges

Les journaux font le constat ce matin : Les Belges en ont ras le bol

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La une du journal l’Avenir. © Gopress
La une du quotidien Het Laatste Nieuws. © Gopress
La une du quotidien flamand De Morgen. © Gopress
La une du Soir. © Gopress

Ras le bol ou ras le masque, si l’expression existe.

La bulle des cinq n’est plus supportée, constate l’Avenir, en une.

Le ton alarmiste ne motive pas. Seul un citoyen sur trois soutient encore les décisions du Conseil national de sécurité. " Peut-être alors, est-il temps de lâcher du lest ? ", se demande le quotidien en édito. Peut-être est-il venu le moment où l’état de guerre sanitaire doit cesser ?

 

La même idée se retrouve dans les quotidiens néerlandophones.

Het Laatste Nieuws constate aussi en une que "Nous en avons assez", et il détaille les raisons de cette exaspération.

L’incompréhension d’abord. Rester à la maison à cinq, mais se retrouver à deux cents dans un avion.

Le manque de logique ensuite. Faut-il vraiment porter un masque dans une rue vide ?

Et puis encore, ceci : l’absence de cohérence dans les avis exprimés.

Tout le monde dit quelque chose de différent tout le temps. Ce sont les experts ici qui sont visés. Experts dont on apprend ce matin dans la presse qu’ils ont des opinions fort divergentes sur la suite.

 

Et à la une, le quotidien affiche donc cette courbe de motivation à suivre les règles. Courbe qui dégringole selon une étude de l’Université de Gand :

De 80% en mars, quatre Belges sur cinq prêts à respecter les règles, à 35% aujourd’hui, à peine un citoyen sur trois encore motivé par les règles.

Un Conseil national de sécurité qui assouplirait certaines exigences

À dix jours de la rentrée scolaire, c'est un CNS crucial, estime La Libre, en une. La Libre qui en fixe les grandes lignes ou plutôt qui trace une ligne à ne plus franchir.

Ce CNS doit prendre des mesures : justifiées, proportionnelles et expliquées. Sans quoi, au-delà de ces trois guides, les citoyens ne comprennent plus, n'acceptent plus, et pire dit La Libre, risquent de ne plus adhérer aux règles. Et cela, ce serait particulièrement dangereux à court et à long terme.

 

En une, De Morgen soumet alors à ses lecteurs cette proposition de l'épidémiologiste de l'ULB, Yves Coppieters : le Conseil national doit assouplir toutes les mesures qui entravent les relations sociales et l'économie. Supprimons la bulle des cinq.  Et à la place, demandons le port du masque à l'intérieur.

 

En somme, et c'est Le Soir qui pose la question, il nous faut aujourd'hui choisir entre la santé ou notre liberté. C'est le dilemme en cours. Et le quotidien propose alors cette piste de réflexion en guise d'édito : il revient aujourd'hui à l'Etat de justifier ces décisions. C'est au pouvoir d'expliquer les règles qu'il prend. Et de là, dépendra l'adhésion de chacun. De cette crédibilité, de cette cohérence des réponses. Finalement, c'est de là donc, que dépendra notre salut individuel. Et notre salut collectif.

Des images d’une arrestation violente ressurgissent

En une encore, ces images de l’arrestation d’un passager à l’aéroport de Charleroi. C’était en 2018, l’homme décédera quelques jours après l’arrestation. Et sur les images révélées par la famille, on voit un agent de police faire le salut hitlérien.

 

La presse néerlandophone s’interroge justement sur ce délai et la force de ces images. La mort de ce passager turbulent s’est produite en 2018.

Les images existent donc depuis deux ans et demi maintenant, titre De Morgen, mais il ne s’est rien passé depuis.

 

À la une, De Standaard écrit : "Sans image, on n’a rien."

 

Déclaration du père de Jonathan Jacob, mort lui sous les coups d’une équipe d’intervention de la police d’Anvers… C’était en 2010. Et là aussi, les images de l’intervention très musclée étaient parues dans la presse.

 

Aujourd’hui, dans l’affaire de ce passager slovaque décédé à Charleroi, les réactions se succèdent. L’agent de police qui mime un salut hitlérien n’est plus autorisé à prendre contact avec le public.

Les ministres Koen Geens de la Justice et Pieter De Crem à l’Intérieur, ont réagi. Plutôt choqués. Ils ont demandé des clarifications.

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