Revue de presse : la loi sur l’avortement et la formation du gouvernement, un nœud bien trop serré

Ce matin, à la Une, c’est le grand retour de l’imbroglio politique, la loi sur l’avortement et la formation du gouvernement qui s’entremêlent…

 

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La boucle du gouvernement fédéral

Tous, nous avons appris un jour ou l’autre à nouer nos lacets. Deux boucles que l’on entrecroise pour assurer nos chaussures à nos pieds.

Étrangement, le monde politique belge semble incapable à l’échelon fédéral de nouer proprement ses chaussures. A cela, il semble préférer une sorte de nœud bizarre… Un fouillis fait d’entrelacs inutile et de boucle bien trop serré.

L’image n’est pas claire ? Jugez plutôt. Deux buts sont en ce moment poursuivis en Belgique.

L’un nous occupe depuis de long mois, c’est la formation du gouvernement. Première boucle apparemment si difficile à exécuter

On le sait, pour former la boucle "gouvernement fédéral", la Belgique s’y prend souvent à plusieurs reprises.

Chacun son grain de sel.

Chacun son diktat.

Chacun son ukase.

L’autre tient du débat éthique et de société. L’extension de la loi sur l’avortement. Avec mesure très visible, la prolongation du délai de 12 à 18 semaines. C’est la seconde boucle.

Plutôt que de s’assurer qu’aucun de ces 2 brins ne comporte de nœud inutile, avant de les entrecroiser, le week-end qui vient de s’écouler a vu le lacet belge s’entortiller sur lui-même.

Quand la N-VA s’emmêle

Bart De Wever a choisi volontairement d’entremêler ces deux fils, plutôt que de les nouer proprement.

 

Si des partis donnent leur feu vert à une loi que je trouve scandaleuse. Ce sera compliqué de faire comme si de rien n’était avec eux, le lendemain.

 

Le Soir, en premier s’interroge. Mais que vient faire la N-VA sur le terrain de prédilection du CD&V ?

Quel effet cette sortie peut-elle avoir sur les négociations en cours ?

Cela vise-t-il à faire capoter le processus ? Créer un casus belli avec les libéraux ? Il y a, écrit le quotidien, une certitude. Cet épisode avortement, pas du léger sur le fond, donc accroît le sentiment ubuesque de cette négociation gouvernementale.

Ici, la N-VA ouvre une nouvelle dimension à cette négociation.

Elle utilise la négociation fédérale pour faire pression sur un débat parlementaire en cours.

La démocratie belge est en souffrance

Pour la Libre, oui, le débat éthique est complexe, ultrasensible, mais au-delà des convictions intimes, au-delà des avis personnels de chacun, nous sommes en démocratie.

Et ce système, c’est tout son sens, doit permettre quand une majorité est trouvée de pouvoir voter une loi. Le Parlement ne peut donc être ni bafoué, ni instrumentalisé, ni contourné.

Comprenez que pour le quotidien, la boucle "avortement" devrait pouvoir être formé indépendamment de la boucle négociation fédéral.

Ce n’est pas le cas. On serait naïf de penser que la formation d’un gouvernement s’affranchit toujours des projets de loi en cours mais il n’empêche pour le quotidien, ici, la démocratie belge est en souffrance.

Un sursaut s’impose donc. Maintenant.

La problématique des avortements reste

De nouvelles élections ne feront que renforcer le fossé déjà béant entre les citoyens et le monde politique. Le risque en somme serait là de casser le lacet.

Le Morgen se penche lui sur l’autre partie du lacet. Le débat éthique autour de l’avortement. Ce n’est pas, là, la démocratie qui souffre. Ce sont des citoyennes belges.

Les avortements tardifs, explique le Morgen, sont plus fréquents chez les femmes qui découvrent tard leur grossesse. Souvent, celle-ci vit dans une situation économique difficile.

Si l’assouplissement législatif ne vient pas, la problématique de ces avortements tardifs ne disparaîtra pas.

Ces femmes devront continuer de se rendre aux Pays-Bas pour s’y faire opérer dans des conditions plus difficiles.

En 2020, ce n’est pas le signe d’une progression fulgurante pour venir en aide aux femmes.

C’est plutôt à l’exemple de la droite populiste, de Thierry Baudet, aux Pays Bas. De Donald Trump aux Etats Unis ou des ultras conservateurs en Pologne, c’est plutôt à cet exemple-là que semble se référer la position de la N-VA.

Quant à Bart De Wever et à la chaussure belge, plutôt que de vouloir nouer un lacet, on aurait plutôt la franche impression que l’homme a choisi d’y glisser des cailloux.

 

 

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