Revue de presse : l’accord du G7 sur un impôt mondial de 15%, un petit pas vers le monde d’après

A la Une, et surtout, dans les commentaires de la presse, l’accord du G7 sur un impôt mondial. Un premier pas vers, accrochez-vous, vers le monde d’après !

Un petit pas vers le monde d’après

Cela faisait un bon moment qu’on en avait plus entendu parler du monde d’après et bien le Soir en est convaincu, l’accord de ce week-end, au G7, c’est un peu le monde d’après.

Le monde d’après Trump, puisque c’est principalement sous l’impulsion de l’administration Biden que cet accord a été obtenu.

Le monde d’après le Covid celui où les Etats ont terriblement besoin d’argent.

Le monde d’après les révélations et tous ces papers révélés par la presse. Un monde où les entreprises y compris les Gafa devront fournir des recettes fiscales plus juste.

Mais en attendant ce monde d’après, et pour l’immédiat, cela restera encore pour un moment le monde de l’à peu près, parce que l’accord en question, celui du G7, ce n’est qu’un tout petit point de départ.

Juste un point de départ, dit le Standaard et qu’il faudra sans doute encore de nombreuses années avant que le système ne génère véritablement des milliards de revenus d’impôtsD’ici là, il reste de nombreux obstacles, convaincre la Chine au G20, persuader l’OCDE. Et puis faire passer la pilule dans tous les paradis fiscaux du monde. Ceux qui jusqu’ici affichaient un taux de zéro.

 

15% : un taux qui reste bas

Mais le mécanisme il est là, le taux d’impôt des sociétés ce sera désormais 15% partout.

Peu importe où une entreprise est active. Elle devra payer au moins 15% d’impôt sur ses bénéfices, oui mais, si une entreprise est basée dans un Etat qui fait payer moins que 15% ? Alors, c’est dans le pays d’origine qu’on exigera la différence.

L’effet espéré, c’est que de fil en aiguille, tout le monde ou plutôt tous les paradis au monde devront remonter leur taux à 15. Sinon, les bénéfices des entreprises installées chez eux seront taxés ailleurs. C’est le côté révolutionnaire de la mesure.

Mais le hic, le petit caillou qui fait dire à la presse que c’est insuffisant, c’est que le taux dont on parle est bas, très bas par rapport à la moyenne mondiale.

15% c’est le taux réclamé au Canada, à l’île Maurice, c’est 10 de plus qu’à la Barbade, 15 de plus qu’à Jersey, mais c’est moins qu’aux Etats Unis, 21% moins que chez nous ou moins qu’en France, dit le Figaro qui affiche le taux pays par pays.

Et c’est pour cela donc, que la grande révolution du taux d’imposition des entreprises n’en est qu’à son tout premier petit pas, l’établissement d’un cadre et la fixation d’un taux en dessous de la moyenne.

 

Le diable se cache dans les détails

Une observation, c’est aussi que les Etats reprennent la main par rapport aux entreprises. C’est ce que souligne le Soir, après l’accord de Paris sur le climat, cela montre que les politiques peuvent vraiment infléchir le cours des choses. Pour servir l’avenir, il suffit qu’ils osent prendre leur responsabilité, fassent cause commune et ne ratent pas un alignement des étoiles.

Chez nos voisins, aux Pays Bas, l’analyse est moins favorable aux Etats. L’accord du G7 ne fera pas peur aux multinationales, prévoit déjà le Volkskrant qu’on dit historique, jamais vu et point de départ.

Et sans doute que ce n’est pas tout à fait faux, puisqu’en 10 ans, pratiquement rien n’a été fait, mais quelques gros soucis subsistent.

La manière de répartir les bénéfices, les détails techniques du texte et on sait dit le Soir que le diable est précisément caché dans ses détails.

Et puis enfin, et surtout le fait que ce taux d’imposition soit lié à la disparition d’un autre texte, la suppression des taxes numériques, les taxes Gafa imposées par une série d’Etats Européens. N’empêche, malgré tout cela, la presse en est convaincue. Même si elle a commencé par un tout petit pas ce week-end. C’est une révolution.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK