Revue de presse : jouer la carte communautaire pour battre le covid ?

La presse parle de cette idée lancée par Jan Jambon ce week-end : et si la Flandre assouplissait plus vite que les autres ?

L’idée séduisante, mais pas réaliste de Jan Jambon

Franchement, si ça marche, on serait bête, nous les Belges, champion en la matière, de ne pas le tenter. Pourtant, le Morgen n’y croit pas et il l’écrit ce matin. Il suffit d’y réfléchir un instant pour comprendre que le plan Jambon n’est pas réaliste.

Sur le constat, le quotidien l’écrit. Il n’y a pas grand-chose à contester. C’est vrai, la vaccination va moins vite au sud qu’au nord. On peut chercher 1000 raisons à cela, comme notre tendance à regarder plus directement vers la France, la défiance par rapport au vaccin etc…

Le Morgen refuse d’essayer d’identifier une raison plutôt qu’une autre "laissons cela aux nombreuses thèses de doctorat qui seront rédigées sur le sujet."

Il y a par contre une chose qu’il est possible aujourd’hui de constater. C’est que le plan Jambon, l’assouplissement du nord, tout seul cela ne fonctionnera pas. Bien entendu, pour ceux qui l’entendent, au Nord, c’est séduisant. Si l’on vous promet, une ouverture plus rapide, forcément, ça donne envie ! Exemple pour la mise en œuvre : l’Horeca flamand ouvrirait demain matin, mais qui ira s’attabler pour commander un repas ? Uniquement les Flamands ? Les Flamands de Flandre, alors. Pas ceux de Bruxelles, eux sont encore trop à risque, pas ceux installés en Wallonie, non plus.

Sûrement pas un francophone et tiens, si le francophone, s’assied, et qu’il commande en flamand, comment savoir qu’il est francophone, en vrai. Il faudrait demander l’adresse de chaque client et vérifier de quel côté de la frontière linguistique il habite.

Non, le plan n’est pas très réaliste, mais surtout, conclut le Morgen, ce qu’y est certain, c’est qu’opposer une communauté cela n’aidera pas.

Un besoin de solidarité et de cohérence

Côté flamand, le Morgen n’est pas le seul à critiquer l’idée de la N-VA.

Le Nieuwsblad résume tout cela en un seul mot : solidarité.

Le quotidien va même un peu plus loin en réclamant des autorités flamandes un peu de cohérence. Si l’on impose à toute la population des gestes barrières et des mesures difficile, c’est précisément au nom de cette solidarité.

Si l’on demande aujourd’hui encore à ceux qui sont déjà vaccinés de continuer à observer ces mesures, c’est encore au nom de cette solidarité.

Alors, en tant qu’Etat, alors qu’on aborde la dernière ligne droite, il semble normal qu’au nom de cette solidarité, les mêmes règles s’appliquent à tous.

Le Laatste Nieuws n’évoque pas directement le plan Jambon, mais il observe combien la N-VA est à la peine ces derniers temps. Déjà, dans cette période, on ne perçoit quasiment aucune différence entre les partis. Personne ne peut vraiment dire si fermer ou ouvrir les tatoueurs est une mesure de gauche ou de droite. Une orientation Open-VLD ou Vooruit (sp.a)

Penser la pandémie à long terme

Pour la N-VA, cette crise est un crève-cœur. Elle est venue révéler à tous que non, le Premier ministre de Flandre ne pesait pas aussi lourd que le Premier ministre fédéral.

Surtout, surtout, et ça, c’est le Standaard qui le constate, la proposition d’assouplir est loin, très loin d’être ce qui importe le plus aujourd’hui.

On nous promet de belles réouvertures, on nous offre des dates, des échéances on nous fait miroiter un point de bascule tout proche, mais regardons un instant derrière toutes ces paroles. Demain, de grands groupes de la population ne seront pas vaccinés.

Les ados, les enfants, demain, encore, des pays entiers n’auront toujours pas vu l’ombre d’une seringue. Il reste des continents à protéger et nous, minuscule Belgique nous demandons s’il faut assouplir Overijse avant ou après Lasne.

Le Standaard et on n’est que lundi l’écrit tel quel : il nous faut apprendre à vivre longtemps avec le virus. Alors les arbitrages, aujourd’hui, ce ne sont pas les dates d’assouplissement de l’un ou de l’autre, les arbitrages, c’est l’ouverture de nouvelles places en soins intensifs. La mise en œuvre d’un plan pour s’adapter au corona. Et pas alimenter la croyance que demain ou au plus tard, après-demain tout reviendra comme avant.

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