Revue de presse : frustration et impatience à leur seuil maximum

La reprise du Reine Elisabeth permettra d'adoucir un peu les mœurs cette semaine, parce que là, d'après la presse, les citoyens en ont assez, la tension est à son maximum.

 

" Le ras-le-bol se durcit ! "

L’Avenir l’écrit en Une.

La contestation face aux mesures de restrictions sanitaires s’étend aux 4 coins du pays, dit le quotidien.

Pour le Soir, c’est aussi cette contestation qui fait la Une.

Le ras-le-bol des désabusés, titre le quotidien qui note

Le 1er mai aura été marqué par les revendications d’une population épuisée par les politiques sanitaires, très peu de heurts, presque pas de violences, sinon au Bois de la Cambre où une fois de plus, la situation a dégénéré.

La Boum 2, remake de la Boum 1

Tiens mais au fond, se demande le Morgen, comment ça se fait qu’une fois de plus les choses aient tourné à la bagarre ?

Comment se fait-il que les deux camps et la police, et les jeunes émeutiers se soient comportés ainsi jusqu’à la caricature ?

Pourquoi le remake de la Boum 2 a-t-il connu le même final que la Boum 1 ?

Et d’un, dit le quotidien, ça n’est pas propre à la capitale, il y a une soixantaine d’actions à Bruxelles, notamment en soutien à la culture.

La seconde édition de la Boum est le seul qui ait dégénéré en violence.

L’explication tient plutôt au fait que l’évènement, au Bois de la Cambre, visait précisément la confrontation. Les deux camps s’y étaient préparés et ils se sont comportés comme on pouvait s’y attendre.

Et n’allons pas ici utiliser des mots comme rebelle ou révolte. Le prof d’étude urbaine et philosophe culturel Eric Corijn interviewé par le Morgen en est convaincu. Oui, il y a de la désorganisation, du désordre, mais c’est juste de l’indolence, rien de rebelle là derrière.

La résistance a un aspect organisé, tactique, avec un discours et un but, ça n’est pas cela à quoi l’on assiste, dit-il et Eric Corijn est assez dur.

"Le bois de la Cambre, samedi, ce n’est pas juste un manque d’organisation. C’est le résultat de 40 ans d’individualisme. Chacun place son objectif au-dessus de celui des autres."

 

La Flandre, une terrasse à ciel ouvert

Côté flamand aussi, il y a eu des évènements ce week-end.

Parce qu’on ne tient plus, dit le Belang Van Limburg, qui l’illustre avec des images du Bois de la Cambre, mais avec aussi, cette terrasse installée à Middelkerke et ces rassemblements à Manchester ou à Amsterdam.

Pour le Nieuwsblad, la frustration monte, comme si nous étions des détenus.

De plus en plus de citoyens contournent les règles sanitaires, d’après le baromètre des motivations, les Belges ne se sont jamais aussi sentis contraints qu’aujourd’hui. C’est en partie cela qui explique les phénomènes de résistances auxquelles on assiste.

La petite éclaircie dans tout cela, c’est qu’il ne faudra plus tenir si longtemps avant de pouvoir se retrouver en terrasse, le Laatste Nieuws l’écrit en Une.

La Flandre est en train de devenir une grande terrasse. Les autorités locales mettent tout en œuvre dans chaque commune pour que cela se passe au mieux. Taxe de terrasse oubliée, surface doublée quand c’est possible, 4000 m² à Bruges, 5000 à Gand.

Tout ce qui est plat pourra servir pour mettre une table et deux chaises ; pour une fois qu’on peut profiter d’être le plat pays, ça tombe plutôt bien.

Pourquoi Frank Vandenbroucke agace-t-il autant ?

Un autre "pourquoi", à la Une. La presse se demande pour quelle raison Frank Vandenbroucke, le ministre de la Santé cristallise l’opposition de ses partenaires.

Pourquoi "maître Frank" horripile-t-il ses collègues de coalition ?

Se demande la Libre qui titre, " voilà un ministre qui énerve presque tout le monde ".

Peut-être parce que l’homme est brillant et sans concession. Il a souvent raison, lit-on et il aime le faire sentir. Il y a aussi que ces méthodes de négociation sont plutôt brutales. Ces adversaires lui reconnaissant bien cette cohérence et ce sang-froid si nécessaire actuellement, peu de choses l’émeuvent dans la tempête actuelle, mais, cela tient aussi dit la Libre que les sociétés ont besoin de bouc émissaire. Vandenbroucke, ici, joue en quelque sorte le paratonnerre pour l’exécutif.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK