Revue de presse : fallait-il un retour à 100% en présentiel dans les écoles ?

Dans la presse, le retour à l’école fait beaucoup parler.

La santé mentale des enfants en danger

Une carte blanche fait la Une, celle d’une cinquantaine de pédiatres et de psychiatres (de la Belgian Pediatric Covid-19 Task Force) qui appellent à rouvrir d’urgence les classes, à temps plein, pour tous les élèves. Parce que, on le rappelle, les élèves de la 3e secondaire à la 6e, ne reprennent les cours qu’à mi-temps en présentiel.

Dans cette lettre, les professionnels mettent en garde contre les problèmes psychiatriques rencontrés par les enfants : "Les services belges de psychiatrie infanto-juvénile ne peuvent plus répondre au tsunami de demandes d’aide". Tentatives de suicide, anorexie, dépression ou encore surexposition aux écrans, voilà quelques-uns des troubles qui touchent les plus jeunes.

Le retour à l’école ce lundi est un échec, dit l’éditorialiste du Soir, car il ne se fait pas à 100% en présentiel comme on l’avait pensé. "les témoignages des pédopsychiatres sur l’état de la jeunesse, tous milieux confondus, même sans " problème particulier " ne peuvent que nous glacer."

Alors, quand on reprendra à 100% à l’école, et il faudra "offrir de " l’extraordinaire" aux enfants et aux adolescents à l’intérieur de la " bulle de classe ".

Qui aujourd’hui travaille à cette stratégie innovante, productrice d’activités hors de "l’ordinaire" scolaire ?

Qui élabore ce plan choc de " résilience des esprits " qui viserait à s’assurer que ces jeunes, dès leur retour à 100% en présentiel à l’école, expulsent cette sourde angoisse de vie née du Covid, reconnectent avec leur corps et leurs sentiments, retrouvent le sens de leur place et croient à nouveau dans leur capacité à agir sur leur avenir ?

Culture, sport, méditation, débats, dialogues, jeux de rôles : tout doit être utilisé, il faudra oser renverser les bancs. On ne pourra pas seulement faire école " as usual. "

 

Les détecteurs de CO2, solution miracle ?

Un retour à l’école où l’on devra soigner les âmes des enfants, mais pas que…

Il faudra aussi soigner les corps. Comprenez qu’à côté de l’attention portée à la santé mentale, il faudra aussi limiter le risque d’infection au sein des classe. Et là, la solution idéale selon Het Nieuwsblad, ce sont les détecteurs de CO2, qui permettent de mesurer la qualité de l’air. De quoi rencontrer une demande de longue date des virologues qui appellent à aérer les salles de classe aussi souvent que possible.

Si certaines écoles peuvent se permettre d’acheter ces équipements, dans d’autres, ce sont les parents qui ont rassemblé de l’argent pour les financer.

Et puis il y a des établissements qui n’ont tout simplement aucun moyen d’en acquérir.

"C’est la réalité", dit Het Nieuwsblad, qui critique le ministre flamand de l’enseignement.

Ben Weyts le sait depuis longtemps. Et depuis longtemps, il aurait dû s’assurer que toutes les écoles soient pourvues de ces équipements, parce qu’ils peuvent faire une grande différence.

Les écoles rouvrent donc aujourd’hui. C’est aussi aujourd’hui qu’est levée l’interdiction de voyages non essentiels.

Mais ça ne changera pas grand-chose, dit l’Avenir, parce que "tout est mis en place pour vous décourager de changer d’air".

"Tout d’abord, les voyages non essentiels vers des territoires hors de l’UE sont toujours interdits."

Et pour les voyages dans l’espace Schengen où tous les pays (sauf quelques rares exceptions régionales) sont en rouge écarlate, l’interdiction est remplacée par un contrôle des obligations de dépistage et de quarantaine. Avec cette fois, des contrôles intensifiés et des amendes à la clé. De quoi décourager les aventuriers les plus " téméraires ".

Le quotidien parle de "mesurette".

Le cri de détresse de la culture

Et pour la culture, toujours pas de perspective dans l’immédiat. Même pas de "mesurettes".

Non, mais "le monde culturel se rebiffe et se déconfinera dès le 30 avril". C’est la une de la Libre.

"C’est la plateforme “Still Standing for Culture” qui l’a annoncé ce dimanche : des activités culturelles seront organisées et ouvertes au public à travers tout le pays entre le 30 avril et le 8 mai et cela dans le “strict respect des protocoles sanitaires”.

L’objectif est clair : forcer la main aux membres du Comité de concertation, qui se tiendra vendredi prochain, pour déconfiner sans attendre un secteur sous cloche depuis six mois pour certains opérateurs, pour d’autres comme les cinémas et théâtres depuis neuf mois, voire même un an désormais pour les salles de concert.

"La cocotte culturelle est prête à exploser. Les artistes et les institutions culturelles sont à bout, entre incompréhension, colère et désespoir. "

Et le quotidien appelle à entendre enfin le cri de la culture.

"La culture occupe une place à part dans notre société. Elle est essentielle pour donner sens à nos vies, davantage sans doute encore dans une période si sombre. Continuer à la mettre en sourdine et l’ignorer, comme c’est le cas depuis le début de cette crise, n’est tout simplement plus acceptable."

 

Réécouter la revue de presse d'Aline Goncalves

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