Revue de presse : enthousiasme modéré à l’approche de l’Euro

La presse offre plusieurs visions différentes du futur. Certains peuvent réjouir. D’autres sont plus inquiétantes.

1 Belge sur 3 croit en la victoire des Diables

Commençons par les réjouissances, à en croire nos concitoyens, l’Euro, c’est dans la poche.

Enfin, à en croire 1 Belge sur 3 selon le sondage de la Dernière Heure.

La DH qui relaye aussi cette étrange question posée par ING : combien donneriez-vous pour une victoire en finale ?

En somme, et si le titre s’achetait, ce serait à quel prix ?

137€ pour les Belges en moyenne, ce qui est tout de même une jolie somme, mais qui est très peu au regard des 245 € que les Espagnols seraient prêts à allonger, voire plus de 500€ pour les Italiens.

Au-delà de ces avis, de ces opinions et de ces montants, une chose compte, dit le Laatste Nieuws, c’est au final de devenir champion.

En réalité, ce n’est pas le Laatste Nieuws qui le dit c’est Romelu Lukaku qui réinterprète à sa sauce la fameuse maxime : "l’important c’est de participer".

Le Laatste Nieuws lui, ce qu’il en dit, c’est que nos joueurs y vont pour gagner et ça, pour les jours qui viennent, ça ravira les fans de foot.

Pour ce futur tout proche, les matchs des diables, ce sera sur écran pas géant, prévient l’Avenir.

L’Avenir surtout qui constate que l’ambiance tarde à chauffer. Comme si la fameuse colle entre foot et supporter ne prenait pas vraiment ces jours-ci.

"Ah bon, c’est déjà la semaine prochaine, l’Euro ?" écrit ainsi le quotidien en ouverture de son papier.

En édito le quotidien écrit que le propre d’une coupe d’Europe de foot, c’est sa capacité à susciter des moments de communion, aussitôt, l’éditorialiste le reconnaît, le climat dans lequel nous vivons n’incite guère à l’enthousiasme.

 

Le suicide d’une adolescente ébranle la Flandre

Un fait divers secoue la Flandre ces jours-ci. Le suicide d’une adolescente après avoir été victime d’un viol en réunion.

Difficile d’imaginer plus sordide et plus glaçant que les faits que vous venez d’énoncer.

Pourtant, c’est le cas, explique la presse, les auteurs du viol étaient 5. Le plus jeune a 14 ans. Ils ont filmé la scène pour contraindre la jeune adolescente à ne pas révéler les faits.

Certains drames se gravent si profondément que les cicatrices ne guérissent jamais, écrit ce matin le Standaard.

Pour la famille de cette jeune fille. Pour son entourage immédiat, il y a une brisure irréparable.

Les faits empêchent toute empathie avec les auteurs du viol, mais le Standaard l’écrit tout de même, l’avenir de ceux-là est irrémédiablement endommagé. Ils vivront en sachant qu’ils sont directement responsables de la mort de la jeune femme qu’ils ont agressée. Et si l’annonce de peine sévère a suivi, presque comme un réflexe pavlovien, cela n’apporte en rien une solution.

Les peines plus sévères calmeront la vague spontanée de vengeance. Mais le problème lui reste entier.

 

 

Eliminer la honte

 

A ce sujet, dans le Monde, hier, un magistrat revenait sur ce besoin toujours plus grand du public à voir le droit pénal apporté les réponses que la société ne parvient pas à fournir. Notre identification émotionnelle à la victime nous pousse dans les bras du populisme pénal et la condamnation du coupable s’alourdit à mesure que la souffrance de la victime nous paraît imméritée.

Les problèmes listés par le Standaard : le signalement encore trop faible des faits de viol. 3000 faits. 200 viols collectifs ? Ce n’est qu’une fraction de la réalité, dit le Standaard.

Et si le travail des autorités publiques doit bien sûr se porter sur la prévention, sur l’éducation, l’effort le plus difficile, la mission la plus lourde, elle porte une fois encore sur les épaules des victimes qui doivent ravaler leur honte et témoigner de l’agression.

Eliminons au moins la peur de cette étape, conclut le Standaard. Ce serait déjà une évolution.

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