Revue de presse : Des regrets, mais pas d’excuses

La revue de presse de Benjamin Verpoorten : ce matin le roi Philippe est en Une de presque tous les quotidiens !

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Le Roi a adressé une lettre au président de la République démocratique du Congo

Avec chaque fois ces quelques mots : "Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets"

Philippe présente donc des regrets au Congo pour les actes commis avant et pendant la période coloniale. Ces regrets font en fait partie d’une lettre publiée par tous les journaux ce matin.

Le roi a écrit à Félix Tshisekedi, le président de la république démocratique du Congo à l’occasion des 60 ans de l’indépendance congolaise.

Il y évoque tout d’abord la relation entre les deux pays, la coopération et l’amitié qui les lient. Mais rapidement, le roi en vient au cœur de son message, les regrets. Le souverain dit parler en toute vérité, il reconnaît que des actes de violence et de cruauté ont été commis sous Léopold 2, mais aussi après.

Quand le Congo était une colonie belge, donc de 1908 jusqu’au 30 juin 1960.

C’est donc pour ces deux périodes qu’il tient à exprimer ces profonds regrets, pour ces blessures du passé. Des blessures ravivées par l’actualité, le roi fait ici référence à l’affaire Georges Floyd, ce noir mort étouffé par le genou d’un policier qui le maintenait au sol.

A ses yeux, cette affaire démontre que la discrimination reste trop importante dans notre société.

Le roi a donc évoqué le passé, le présent, il termine par le futur, par la réflexion qui est en cours dans notre pays. En septembre, une commission parlementaire se penchera sur le passé colonial de la Belgique.

Comment la presse analyse-t-elle le discours ?

Pour le Soir, c’est historique, le message est fort dit le quotidien, inédit. Jamais un roi régnant belge n’avait reconnu et regretté les actes commis au Congo. Il aura fallu du temps précise le Soir, mais 60 ans, aux yeux de l’histoire ce n’est rien.

Quoi qu’il en soit, cette lettre risque de faire date dans les livres d’histoire.

C’est l’avis de Sud presse, pourquoi ? Car c’est une première.

Comme le précise le Soir, Philippe assume le premier la responsabilité de sa famille. Il prend les devants, lui l’héritier de Léopold II.

Jusqu’ici, aucun roi belge en activité n’a fait cette démarche, le roi Philippe se mouille comme le dit Sud presse, qui qualifie cette lettre de sortie courageuse. Le Morgen lui salue l’initiative du roi, car il s’exprime en son nom.

Cette lettre, c’était sa volonté, une initiative personnelle.

Pour le Standaard, cette lettre est un signal fort. Certes, les Congolais attendaient sûrement plus du roi et de la Belgique, mais cette lettre montre un changement et surtout, elle démontre que Philippe refuse la discrimination.

Il réaffirme les valeurs de son pays en formulant ces regrets.

On parle de regrets ici, mais pas d’excuses

C’est ce que dit le Morgen, le roi regrette, mais il ne s’excuse pas. Il est désolé.

Alors la Libre pose la question, les excuses seront-elles la prochaine étape ?

Peut-être !

Le Standaard lui en est convaincu, c’est un premier pas vers des excuses.

Les deux quotidiens pensent que la commission parlementaire de septembre pourrait faire changer encore un peu plus les choses.

Qu’elles pourraient aboutir sur des excuses officielles…

Le Soir lui se demande si ce n’est pas plutôt à un Premier ministre ou plutôt une Première ministre de les formuler. Et justement, selon la Libre Sophie Wilmès pourrait prendre la parole aujourd’hui, mais pas pour des excuses, pour passer un message semblable à celui du roi.

La revue de presse de Benjamin Verpoorten

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