Revue de presse : des inondations historiques qui vont devenir de plus en plus fréquentes

Une fois de plus, la Wallonie s’est retrouvée les pieds dans l’eau.

Deux désastres, deux phénomènes différents

La Libre, ici, parle "d’inondations acte II".

Bien sûr, vos quotidiens le précisent et l’expliquent, il ne s’agit pas du même phénomène que lors des précédentes inondations.

Ici, ce sont principalement des eaux de ruissellement qui ont provoqué les inondations.

La pluie s’est abattue sur des sols déjà gorgés d’eau, donc incapables d’absorber ces précipitations qui ont déferlé en aval. Mais, ça n’empêche, les dégâts sont là, tout aussi importants, quelle que soit la cause de l’inondation.

"Faut-il craindre un effrayant scénario pour l’été 2021 ?" Se demande Sudpresse. Celui d’un jour de pluie sans fin qui dévasterait encore et encore le pays.

Le phénomène est différent, d’accord, mais le résultat est le même et puis, le Standaard l’ajoute. Il y a un point commun à ces deux désastres, le réchauffement du climat va les rendre plus fréquents.

Ce qui n’arrivait qu’une fois tous les 100 ans, qui méritait qu’on appose une plaque du genre, "en telle année, l’eau est montée jusqu’ici", ces inondations historiques vont désormais statistiquement se produire tous les 10 ou 20 ans.

Éviter la chasse aux sorcières

Que faire alors ? Se calmer et réfléchir parce que dit le Soir, embrayer tout de suite sur la machine à désigner les coupables, ça n’aide pas forcément.

On voit, on lit d’éminents spécialistes, parfois professeurs, nourrir sans hésiter le flot des fake news.

Sur les réseaux, tout qui veut est devenu spécialiste des barrages, expert en hydrologie ou docteur en météorologie, parfois les trois en un seul tweet.

Oui, l’ampleur des dégâts, des catastrophes aurait pu être moindre.

Oui, sans doute, des fautes ou, soyons prudents, des erreurs ont pu être commises.

Oui, peut-être, des dysfonctionnements seront-ils mis en lumière

Et oui, enfin, il faudra alors désigner s’il y a des éventuels responsables.

Mais ce pays, ses habitants qui sont parvenus à montrer tant de compassion et faire preuve d’autant de solidarité, tous ceux-là méritent bien mieux que les procès bâclés et les déclarations à l’emporte-pièce.

Demain, peut-être la justice sera saisie par des victimes, le temps d’un procès, le débat sera mené là où il doit l’être.

Demain, peut-être, une commission d’enquête tirera les leçons de ce qui s’est produit.

Mais en attendant, gardons la tête froide, évitons de chasser les sorcières. C’est le moins que sont en droit d’attendre les victimes.

Comment ces inondations peuvent nous pousser à agir

Une autre réflexion porte non plus sur la question des responsabilités, mais sur les moyens d’agir, que faire puisqu’on lit que la situation est amenée à se reproduire.

En titre du Soir, il y a un constat, l’urgence d’agir, vite et fort.

Comprenez que ni populaire ni gratuit, il faudra, explique le Soir, exproprier certaines victimes, refuser à d’autres de reconstruire leurs maisons, annuler des projets de lotissements et convaincre, peut être sera-ce le plus difficile, convaincre que la 4 façades n’est pas l’habitat idéal.

Ni populaires, ni gratuits certains outils existent déjà, rappelle la Libre.

Comme la carte d’aléas inondations si peu utilisée lorsqu’il s’agit d’analyser les projets de construction.

Plus largement, les changements devront porter sur la stratégie d’étalement des villages, le bétonnage à tout va (trottoir, voirie, parking), l’aménagement mal maîtrisé, la suppression des haies.

Le mot d’urgence se trouve aussi dans cet édito de la Libre.

Et le message est résumé d’une phrase très claire : "il faut laisser sa place à la nature".

Au lieu de vouloir entamer avec elle un combat aussi inutile que perdu d’avance, la Gazet Van Antwerepen prolonge la réflexion : dans 10 ans, nous nous souviendrons peut-être de cet été.

Comme ce fut un tournant, en 93, quand, après les inondations, le Limbourg décida de laisser plus de place à la rivière, peut-être qu’on parlera un jour du tournant de l’été 21. Peut-être les images de ces inondations auront cette force de donner à nos autorités le courage d’agir et de prendre ces décisions, ni populaires, ni gratuites.

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