Revue de presse : de l’optimisme pour le climat ?

Le sommet organisé par Joe Biden relance la question des enjeux climatiques et de sa gestion dans les quotidiens.

Changer l’image des Etats-Unis pour le climat : le challenge de Joe Biden

Joe Biden, le président américain, invite 40 pays pour un sommet de deux jours sur le climat. Et hier, à la veille de ce rendez-vous en visioconférence, l’Union européenne est parvenue à un accord pour atteindre 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

De quoi mettre la pression sur les Américains. Joe Biden n’entend certainement pas faire de la figuration lors de ce sommet, dit l’Avenir. Il voudra effacer l’image désastreuse laissée par son prédécesseur en la matière. Il ne pourra donc pas faire moins que l’Europe.

Ce qui fait dire au quotidien que "pour une fois, on pourrait donc bien se trouver dans un contexte où s’enclencherait un cercle vertueux des bons élèves du climat, plutôt que de cancres qui s’écharpent pour sauver leurs quotas d’émissions. Car si l’Europe et les USA font preuve d’ambition, la Chine devra suivre. Elle devra au moins confirmer son engagement à la neutralité climatique à l’horizon 2060. Et à son tour entraîner le reste du monde pour peut-être enfin s’éloigner du bord du précipice."

Une surenchère, une compétition entre pays pour être celui qui annoncera les plus gros efforts ? Cela n’impressionne pas du tout De Standaard. Tout ça, c’est bien beau sur papier. Mais il faut des actes, dit le quotidien flamand. Si les dirigeants du monde entier voulaient vraiment avoir un impact sur le climat, ils devraient accepter de travailler ensemble à une taxe carbone au niveau mondial. Faire payer les pollueurs, ce serait en effet le moyen le plus efficace de réduire les émissions. C’est ce que répètent les experts. Mais à part l’Union Européenne, personne n’en veut.

Pourtant dit De Standaard, si les trois grands que sont l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Chine s’entendaient sur ce point, le reste du monde serait obligé de suivre. Un tel accord ne nécessite pas un sommet de 2 jours sur le climat. Cinq minutes de courage politique suffisent.

Jugement de Derek Chauvin : un répit de courte durée

La presse écrite revient aussi ce matin sur la condamnation du policier Derek Chauvin.

Dereck Chauvin est coupable du meurtre de George Floyd. Une décision de justice qui contribue à apaiser les âmes, dit Le Soir.

"Temporairement, des millions d’Américains noirs se prennent timidement à croire que la justice des Etats-Unis n’est pas systématiquement en leur défaveur."

Le répit sera de courte durée. A travers ce pays gigantesque de 330 millions d’habitants, les parents noirs, des plus aisés aux plus défavorisés, continuent d’instruire à leurs enfants comment réduire le risque à chaque fois qu’ils passent la tête au-dehors.

Cette perte d’innocence survient tôt dans la vie d’un noir américain : ne pas courir lorsque surgit une voiture de police, répondre immédiatement à l’injonction d’un agent de police, parler courtoisement, conserver les mains bien en évidence, éviter les gestes brusques au volant, ne jamais faire mine de chercher les papiers du véhicule dans la boîte à gants. Et si le policier, malgré tout, exige de les voir tout en gardant la main sur son arme de service, obtempérer et allumer un cierge.

Ces mesures de prudence ne garantissent pas d’avoir la vie sauve. Le 14 septembre 2013, le jeune noir Jonathan Ferrell eut le tort de frapper à la porte d’une maison, un soir près de Charlotte, en Caroline du Nord. Il venait d’accidenter sa voiture non loin. La propriétaire, effrayée, composa le " 911 ". Un policier surgit, abattant Jonathan de dix balles avant qu’il ait eu le temps de s’expliquer. "

De tels drames sont quotidiens aux Etats-Unis. De Morgen la rappelle aussi.

Alors que le jugement contre Chauvin était lu à Minneapolis, un policier blanc de Columbus, dans l’Ohio, a abattu Ma’Khia Bryant, une adolescente noire de 16 ans. Elle a été impliquée dans une bagarre. La semaine dernière, des images provenant de Chicago, montraient un policier tirer sur Adam Toledo, 13 ans. Et dans le Minnesota, une policière blanche a récemment abattu le conducteur noir Daunte Wright "par erreur" : elle pensait avoir attrapé son Taser

Black Lives Matter, l’étincelle nécessaire pour lutter contre la discrimination

Lutter contre la discrimination, c’est le mérite qu’aura eu cette affaire. Et ça dépasse les frontières des Etats-Unis.

Cette affaire a eu un impact chez nous aussi, dit de Tijd Elle a relancé le débat autour du racisme et de la discrimination, avec notamment les actions du mouvement Black Lives Matter en Belgique.

On se souvient du débat sur le déboulonnage des statues de Léopold 2. On se souvient aussi des "profonds regrets" exprimés par le Roi Philippe concernant les violences commises par la Belgique pendant la colonisation. A la suite de quoi la Chambre a instauré une commission spéciale Congo sur le passé colonial.

Le gouvernement flamand a aussi annoncé qu’il allait utiliser de faux CV pour identifier les discriminations à l’embauche.

En un an, le mouvement Black Lives Matter a peut-être été l’étincelle nécessaire pour allumer un feu qui brûle encore aujourd’hui. Il brûle faiblement, parce que l’actualité de la crise sanitaire a pris le dessus ces derniers mois. Mais il doit continuer à brûler, dit de Tijd. La lutte contre la discrimination doit encore retenir toute notre attention.

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