Revue de presse : comprendre les dysfonctionnements d’un désastre toujours en cours

A la Une, ce matin, la presse s’arrête sur la commission Inondation et lui fixe un objectif : 3 mois pour comprendre.

Faire la lumière sur les dysfonctionnements

 

Le délai est lancé en Une de l’Avenir.

3 mois minimum.

3 mois pour comprendre.

3 mois pour faire tout la lumière.

C’est un devoir envers les sinistrés, a déclaré Elio Di Rupo. Citation reprise par l’Avenir pour qui cette vérité est indispensable pour garantir la transparence sur d’éventuels dysfonctionnements.

Le Soir aussi, insiste, il est réconfortant de constater que le pouvoir politique a pris cette décision à l’unanimité. C’est courageux, estime le quotidien, mais ce ne sera pas suffisant.

Au regard du nombre de victimes, 38 morts, une personne toujours disparue.

Au regard des dégâts, 80 à 100.000 sinistrés.

Au regard des démolitions, peut-être 50.000 habitations endommagées.

La commission ne pourra se permettre aucune faille.

Il faut un sursaut de dignité dans un monde politique belge qui en manque souvent.

Il faudra que chaque député se mette au seul service des faits.

Sans chercher à absoudre les siens.

Sans tenter d’enfoncer l’adversaire politique. Cela aussi, c’est un devoir envers les sinistrés.

Et du courage, il en faudra encore, à l’heure d’adopter des conclusions.

Courage pour accepter que certains éléments du drame sont peut-être imputables à des fautes. Et que d’autres relèvent de la fatalité.

Cela peut s’avérer – dit le Soir – aussi difficile dans un cas que dans l’autre.

La différence de rythme dans la réponse politique

 

Ce qui étonne aussi vos journaux, ce sont les différences de rythme. Les différences de vitesse dans la réponse politique. Cela se marque dans plusieurs éléments.

Au lendemain du drame des inondations, la ministre flamande de l’Environnement impose aux communes un quasi moratoire pour ce qui est des permis de construire en zones inondables.

Le Morgen s’étonne, depuis la mi-juillet, des permis ont bel et bien été octroyés pour ces zones qu’on sait pourtant vulnérables.

Autre discordance du temps, le fait que dans les zones sinistrées, rien n’est terminé.

Si une photo peut vous donner l’ampleur de la tâche, c’est bien la Une du Soir, 10 kilomètres de déchets extraits des zones touchées. 10 kilomètres où se mélange pêle-même du bois, de la tôle, des jouets et tout les restes de ces vies balayées par les crues.

 

L’urgence des uns, le temps des autres

 

En Une, encore, le Laatste Nieuws affiche ce matin, le cliché de deux gamins – tenue impeccable pour le 1er septembre. Cartable au dos, main dans la main, ces deux-là parcourent des rues ravagées pour se rendre à l’école.

1er septembre, il faut être courageux pour la rentrée. A Pepinster encore un peu plus qu’ailleurs.

C’est un étonnant contraste, écrit l’Avenir. Celui qui apparait entre ce temps politique, celui qui décide de se donner du temps pour atteindre la vérité et la situation sur le terrain. C’est une distance frappante entre cette commission qui va durer et l’urgence qui s’éternise dans les Communes sinistrées.

Les uns vont se donner tout le temps qu’il faut pour chercher la vérité. Quand les autres devraient – au plus vite – être rétablis dans des conditions de vie décentes.

L’un et l’autre ne s’excluent pas. L’urgence, la priorité absolue ne peut faire taire le nécessaire travaille d’enquête et même aux lendemains d’une crise aigüe, il faut pouvoir prendre le temps d’évaluer les dysfonctionnements, mais c’est une complexité de plus à accepter.

Que le travail doit se faire d’un côté dans la sérénité et qu’il doit – de l’autre côté – connaître un sérieux coup d’accélérateur.

Comment remettre le pouvoir d’achat à l’agenda ?

 

Un commentaire encore, il n’est pas directement lié aux inondations ni à la commission, mais il intéressera autant les sinistrés que le monde politique à qui il s’adresse.

Pour la Libre, il est temps de remettre en avant des priorités politiques le pouvoir d’achat.

Ces jours-ci, la presse nous prédit une augmentation assez large des prix, 300 € par an au supermarché, si on en croit le Laatste Nieuws.

Si l’on veut faire tourner le moteur de la relance. Il lui faudra du carburant.

Sans cela, nous n’irons pas bien loin sur la route de l’amélioration de la conjoncture et cet enjeu-là, on ne peut pas vraiment se permettre de prendre trop temps pour y répondre.

 

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