Revue de presse : chaos et insurrection aux États-Unis

La presse commente largement ce matin ce chaos américain.

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"Jour de honte pour la démocratie américaine"

Chaos, c’est le titre, le mot en Une du Soir, un titre que le quotidien accompagne d’un cliché.

La rotonde du Congrès, où se presse une foule qui brandit des drapeaux.

On est à l’intérieur du Congrès et devant cette foule qui a envahi les lieux, quelques hommes se tiennent à l’avant-plan.

En kaki, gilets pare-balles et casque sur la tête,

L’un d’eux immortalise l’instant avec son smartphone. Ces hommes bardés de tenue paramilitaire ce sont des manifestants.

C’est un jour de honte pour la démocratie américaine, dit l’Echo en Une.

L’Echo qui cherche ses adjectifs :

Hallucinant, inédit, incroyable, choquant.

Elles sont choquantes ces images qui nous montrent un coup de force et ce climat insurrectionnel instillé par des manifestants.

Le Capitole pris d’assaut par les trumpistes. C’est la Une et le constat de l’Avenir. Pour qui le responsable de ce désastre est et reste celui qui était censé veiller rigoureusement au respect de la Constitution.

A savoir, le président sortant, à savoir, Donald Trump.

Si besoin en était, l’homme a démontré définitivement qu’il n’était pas digne de la fonction qu’il a occupée.

Son comportement relève peut-être plus de la psychiatrie que de la politique, continue l’Avenir.

Mais un jour ou l’autre, il devra assumer toutes les dérives auxquelles ses électeurs ont été entraînés.

Quand défaite rime avec soulèvement populaire

La Libre tente de mettre de l’ordre dans les évènements d’hier. Trump refuse sa défaite écrit le quotidien en rouge et en Une. Insurrection au Congrès des Etats Unis, poursuit le titre, presque comme si cela découlait d’un raisonnement.

Comme si de fait le refus de reconnaître la défaite par l’un devait mener à ce soulèvement populaire. Pour la Libre, en édito, c’est le fiasco final. De ce président. Ce personnage orgueilleux, narcissique et si souvent odieux.

Mais la Libre l’écrit : cette responsabilité ne lui incombe pas seul.

Les élites du parti républicain sont pour partie responsable.

Elles qui ont non seulement toléré les divagations de ce président. Mais qui leur ont aussi donné du crédit en tardant bien trop longtemps à reconnaître la victoire de Joe Biden.

En refusant de réfuter, dès que cela s’imposait au nom de l’évidence,

En refusant de réfuter les mensonges de Donald Trump et les théories complotistes qu’ils ont alimentées, ces représentants de la nation américaine ont tragiquement failli à leur mission.

Les Etats Unis présentent ce matin un visage dramatique. Celui dit le Figaro en Une celui d’une démocratie fracturée.

Une situation gravissime

Il est inquiétant aussi de parcourir les commentaires de ceux qui ont anticipé ce soulèvement. Hier midi, dans le Monde, Sylvie Kaufman relisait les éditos et elle prévenait dans sa chronique :

Sédition, insurrection, coup d’Etat et loi martiale.

Ces mots sont soudain apparus dans le vocabulaire des grands journaux américains.

On savait depuis 4 ans que la situation aux Etats Unis, était grave, mais ce qui s’y passe depuis 4 mois, là, c’est gravissime.

Car que le perdant s’estime en droit de contester le résultat de l’élection en Justice, c’est agaçant, mais parfaitement acceptable.

Mais une fois que ces recours sont déboutés, faute de fraude, qu’il conteste encore, et en passant par des démarches hors de la Loi. Nous ne pouvons qu’assister médusé à cela. Au Sénat, rappelle la Libre, Mitch Mac Connell, le chef de la majorité républicaine a bien mis en garde ses collègues.

Si l’élection est invalidée, notre démocratie entrera dans une spirale mortelle.

A peine eut-il prononcé ces mots que la manifestation dégénérait à Washington.

Fin septembre, rappelle le Monde, le même Donald Trump demandait à un groupe d’extrême droite, les Proud Boys de se tenir prêt, Stand back and stand-by, ce sont des groupes semblables qui ont pris, hier soir le congrès d’assaut.

Le Monde conclut hier, retransmise en direct par les médias, c’est donc bien à une tentative d’insurrection incité par le président des Etats Unis en personne que nous avons assist, conclut le Monde.

Le parti républicain entretemps a non seulement perdu le pouvoir. Il a surtout perdu son honneur.

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