Revue de presse : bientôt la fin des gestes barrières ?

Une question anime ce lundi matin la presse, c’est celle du prochain assouplissement : va-t-on pouvoir demain abandonner les gestes barrières au sein de la sphère privée ?

Effusion de câlins pour le 9 juin ?

Et que se passera-t-il si nous retrouvons le droit de nous faire des câlins ? Qu’est-ce que ça va donner si on recommence tous à se câliner le 9 juin ?

Le Standaard pose la question très sérieusement, parce que la ministre Verlinden ministre forcément de l’Intérieur l’a inscrit dans l’arrêté ministériel qui doit prévoir les prochains assouplissements.

Et non, dit le Laatste Nieuws, ce n’est ni une erreur, ni une coquille qui se serait glissée dans le texte.

Les politiques en ont assez de s’occuper de ce qui se passe dans la sphère privée. Ou, dit autrement, Les politiques ont compris qu’ils n’avaient plus le pouvoir de regarder ce qui se passait derrière les portes des Belges. Certains, d’ailleurs, n’auront pas manqué de se dire "ah oui, c’est vrai, les règles sanitaires sont encore censées s’appliquer à notre domicile !"

Du coup, l’idée est discutée dans les éditos, pour le Standaard, c’est un pari. Le pari d’oser remettre la responsabilité entre les mains des citoyens. Puisque les élus ne peuvent continuer à tenir indéfiniment les citoyens par la main ; c’est à eux, à nous d’assumer cette responsabilité. Du reste, cela fait maintenant un an que nous savons ce qui est ou ce qui n’est pas un comportement sûr.

Pour l’éditorialiste, c’est un peu comme pour le tabagisme. L’Etat peut édicter des règles pour la sphère publique. Donner des conseils et éduquer. Mais au bout du compte, c’est à chacun de décider ce qu’il fait de sa santé. Et ce qu’il en fait, une fois la porte de son domicile refermée.

De leur côté, les virologues et les experts le redisent : assouplir les règles et faire tomber les barrières, ce n’est pas le conseil que nous avons donné.

Erika Vlieghe, au Soir, le dit en une phrase : "Il est bien trop tôt pour faire tomber les gestes barrières". Beaucoup trop tôt pour autoriser les contacts rapprochés. D’autant plus que l’on sait depuis des mois – dit elle – que c’est précisément au sein de cette cellule familiale ou amicale qu’il y a le plus de transmissions.

Peut-on compter sur la jugeote des Belges ?

Bon, c’est une mesure qui est envisagée. Ce n’est pas encore officiel, même si, on peut deviner que pas mal de citoyens ont déjà pris des libertés avec les règles corona !

Ah mais du diable, un peu de jugeote, éclate le Laatste Nieuws.

Vous avalez des punaises vous ? Vous mangez des aiguilles, simplement parce que sur la boîte, il n’y a pas la mention "dangereux à avaler" ?

Non, mais, réfléchissons ensemble, propose le quotidien, même si le gouvernement arrête d’exiger les gestes barrières, espérons que vous continuerez à vous laver les mains. Nous n’avons pas besoin d’une brigade des câlins et on peut caresser l’espoir que la plupart d’entre nous auront compris aussi que ce n’est pas une raison pour s’en aller câliner tout qui frappe à la porte.

Après, on peut rejoindre les virologues sur une chose, c’est que le calendrier, c’est que la communication de cet ajustement n’est peut-être pas choisie de la manière la plus judicieuse qui soit.

Et sur ce plan, pour le quotidien, nous n’apprenons pas vite. Dernièrement, on a ouvert les terrasses et supprimer le couvre-feu simultanément. Ne pas lier les deux. Ouvrir les terrasses le week-end et supprimer le couvre-feu quelques jours plus tard cela aurait sans doute évité quelques grandes fêtes collectives.

Alors, plaide le Laatste Nieuws, peut-être serait-il plus judicieux de laisser au 9 juin l’ouverture de l’Horeca et discuter des barrières privées un autre jour, le 10, le 11 ou que sais-je.

Réécouter la revue de presse de Nicolas Vandenschrick

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