Revue de presse : "Bart De Wever tourne le dos à la Belgique"

La presse se penche encore longuement aux chevets des sinistrés. Avec, notamment cette inquiétude, comment reconstruire la Wallonie ?

Reconstruire, mais comment ?

Une réponse simple avec l’édito de l’Echo, il s’agira de reconstruire, oui, mais en mieux.

La tragédie qui s’est déroulée sous nos yeux a démontré par l’horreur comment certaines décisions peuvent tuer.

La proximité entre habitation et zone inondable, la solidité du bâti, l’aménagement du territoire.

"Toutes ces notions devront accompagner l’actuelle volonté d’isoler correctement les habitations, de les rendre plus vertes et de marier présence humaine et biodiversité", écrit l’Echo.

L’aide devra faire preuve de son efficacité et de sa pertinence.

Attention à ne pas s’endetter trop lourdement

Reconstruire mieux, avec pour point de départ les deux milliards du plan d’urgence annoncée par la Wallonie. Oui, mais attention, prévient le Soir, pas question de s’endetter à l’aveugle. Le poids d’une dette peut devenir insupportable.

Cette Région wallonne a déjà subi plusieurs fameux revers.

"Putain de sort" écrit le Soir en édito, la Wallonie, déjà privée de son charbon, ensuite de son acier. Voilà, la Wallonie désormais dépouillée de cet or qui l’avait remis sur la carte du tourisme : ces fleuves et cours d'eau. 

C’est loin d’être anodin, en effet, voir l’un des moteurs économiques, l’une de ces armes de séductions massive s’enrayer ainsi, le coup est terrible.

Mais se résigner n’est pas une option, le défi qui s’ouvre pour le monde politique wallon est celui d’une génération.

Presque la mission d’une vie, écrit le Soir : "oser les décisions fortes, novatrices, raser un quartier pour en implanter un autre, réimaginer le territoire".

D’ici peu, on se rendra compte que l’actuelle gestion de l’urgence était la partie la plus simple.

La solitude des bourgmestres

Et pourtant à lire la presse, c’est déjà sérieusement complexe de gérer l’urgence, en ce moment.

En province de Liège, 12.000 personnes sont privées de leur toit.

Presque autant de foyers n’ont plus de gaz et pas d’électricité. La Libre en ouverture d’édito le rapporte.

Contacté pour les besoins d’un article, un bourgmestre s’est effondré en larme. Bien sûr c’est le fruit d’une immense fatigue.

Bien sûr, mais cela dit aussi le profond désarroi qui prend ce niveau de pouvoir. Les bourgmestres des communes se sentent seuls.

Ils ne le sont pas, mais le problème, le sentiment est là de n’avoir pas suffisamment de relais.

Et les outils de prévention ? Et les plans de gestion des risques ? Tous ces dispositifs, discutés, peaufinés pendant des années ?

Visiblement, ils ne sont pas suffisants ou pas suffisamment efficaces parce que trop compliqués, trop irréalisables ou simplement trop méconnus.

La conséquence qu’en tire la Libre est simple. Il faudra analyser la gestion de crise. Passer en revue le fonctionnement des services fédéraux, régionaux et provinciaux dans le cadre des catastrophes.

Il faudra, c’est un refrain connu après une crise, il faudra tirer les leçons de celle-ci.

N’avait-on pas déjà dit la même chose lorsque la crise sanitaire a éclaté et que les bourgmestres se sont retrouvés seuls à gérer l’absence de masque ou le couvre-feu ?

Bart De Wever tourne le dos à la Belgique

Cela dit, il y a cette solidarité. La presse insiste encore ce matin sur les mouvements d’aide "spontanés" auxquelles on assiste et qu’on s’en félicite n’en est que normal.

Le Standaard d’ailleurs insiste là-dessus, l’homme, l’humain n’est pas enclin à faire le mal. Au fond, la plupart d’entre nous sont bons. Et même si l’aide spontanée n’est pas la plus efficace.

Même si le coup de brosse est maladroit ou la couverture apportée un peu trop courte, le quotidien insiste. Pour les victimes, les mains secourables sont importantes car elle apporte un tout premier message : "vous n’êtes pas seul".

Dans ce cadre-là, le Soir revient sur les déclarations de De Wever : "si je pouvais mourir néerlandais du sud, je mourrais plus heureux qu’en tant que Belge."

En somme, le président de la N-VA tourne le dos à la Belgique et à la Wallonie endeuillée.

C’est classe, très classe estime le Soir, alors que des corps sont toujours recherchés dans les décombres des inondations, alors que le meilleur atout pour la Belgique serait précisément d’affronter ensemble le futur chaotique.

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