Esplanade de Louvain-la-Neuve : le quartier mixte est l’avenir du centre-ville

Les habitants de Louvain-la-Neuve attendent toujours de la clarté pour l’avenir urbanistique de la ville. Stéphanie Lepage a interrogé la bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Julie Chantry dans le cadre de la séquence "Droit de Suite" de Matin Première.

 

 

 

L’Esplanade construite en 2005 comptait 32 mille mètres carrés et une centaine de commerces. En 2017, un promoteur immobilier veut y ajouter 18 mille mètres carrés et une cinquantaine de commerces supplémentaires. En clair, le centre commercial doublerait presque et viendrait recouvrir les quais de la gare ainsi qu’un grand terrain vague situé à l’arrière.
Conséquence : des habitants, étudiants, commerçants, bref une plateforme citoyenne se met en place pour s’opposer au projet, qu’elle juge trop consumériste.
La ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve va alors organiser pour la première fois de son histoire, une consultation populaire pour sonder ses habitants. Sont-ils oui ou non favorables au projet d’extension du centre commercial ? 80% des votants avaient alors dit non en juin 2017.

La voix des citoyens a finalement été entendue

 

La consultation n’était pas contraignante mais les autorités communales d’alors ont pris l’avis citoyen en compte. Il a été décidé de mener une réflexion de trois ans pour élaborer un SOL, soit un schéma d’orientation local. Vingt-cinq citoyens ont même été invités à lancer la réflexion et faire des recommandations en début de processus.
Mais ce SOL était attendu pour septembre 2020, Or il n’est toujours pas terminé. L’Association des Habitants de Louvain-la-Neuve, via la voix de son président, Sébastien Combéfis, le regrette et déclare aujourd’hui être dans le flou quant à l’avenir du centre-ville : "Cela nous fait peur que le SOL n’aboutisse pas. En théorie, cela signifie que n’importe qui peut introduire un permis sans prendre en compte les recommandations du SOL. C’est l’entrée de Louvain-la-Neuve, il y a beaucoup d’enjeux sur cette zone."

Le rapport finalisé cette année

 

La bourgmestre Ecolo Julie Chantry a repris le dossier après avoir succédé aux élections de 2018 à Jean-Luc Roland, maïeur en poste au moment de la consultation citoyenne. Mais quatre ans après la consultation de 2017, toujours pas de schéma en vue. "Le SOL a un pouvoir automatique de blocage pendant trois ans, détaille la bourgmestre. Mais on a eu du retard notamment à cause de la pandémie. Depuis septembre 2020, toutefois, nous n’avons pas eu de nouvelles demandes de permis. La Région wallonne nous a malgré tout confirmé que tant qu’il y avait le SOL en cours d’élaboration, nous pouvions faire valoir l’argument de le prendre en compte dans les demandes d’urbanisme futures et donc refuser des demandes avec cet argument. On espère arriver à la fin du rapport d’ici la fin de l’année."
 

"On veut une ville où il fait bon vivre"

 

En attendant, l’Association des Habitants de Louvain-la-Neuve et son président Sébastien Combéfis gardent des craintes sur la zone de L’Esplanade et de la gare, notamment sur la vision de son avenir. "On veut que ce soit dans l’esprit de Louvain-la-Neuve, on veut des zones ouvertes. Ouvertes à la nature, à la lumière naturelle, à la créativité, la transition écologique. On veut une ville où il fait bon vivre."

Pour la bourgmestre, il s’agit surtout que la zone soit multifonctionnelle : "On peut reprocher lui qu’il n’y a que du commerce. On veut qu’il y ait du logement, du bureau si on en fait encore après la crise Covid, voire du commerce bien sûr, mais donc pas seulement ça."

"Si possible du logement familial"

 

La bourgmestre Julie Chantry souhaiterait un certain type de logement : "Si possible, mon souhait serait du logement accessible pour les familles. Mais pour cela, il faut construire une dalle piétonne avec en dessous des parkings. Ce genre de projet a un coût énorme. C’est d’ailleurs pour cela que le logement est assez cher à Louvain-la-Neuve."
 

Le collège communal doit aussi faire avec le propriétaire principal du terrain, c’est-à-dire l’université. Mais celle-ci n’est pas associée à la réflexion ce qui met les élus face à des risques de recours de la part du propriétaire. Mais c’est aussi une volonté politique de reprendre la main sur la ville.

 

 

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