Dès l’année prochaine, en Flandre, test de néerlandais obligatoire pour tous les élèves de maternelle

Dès l'année prochaine, une nouveauté entrera en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire, et qui concernera les classes de 3ème maternellen tous les élèves de troisième maternelle devront obligatoirement se soumettre à un test de langue, un test qui évaluera donc leur niveau de néerlandais.

Ce contrôle aura lieu entre mi-octobre et fin novembre, pour permettre aux enfants de se remettre dans le bain après de longues vacances d’été, et pour laisser les écoles la liberté de choisir elles-mêmes la date qui leur convient. Les enfants de 5 ans dont le niveau de néerlandais n’est pas satisfaisant auront toute l’année pour se rattraper. Si fin juin, leurs connaissances linguistiques restent insuffisantes, le conseil de classe pourra recommander aux parents de laisser leur enfant refaire leur année. Les parents auront le droit de refuser, mais l’élève devra alors obligatoirement suivre un trajet linguistique tout au long de la première primaire.

Pourquoi la Flandre a-t-elle décidé d’introduire cette évaluation dès la maternelle?

On le sait : le niveau de néerlandais des élèves flamands ne cesse de régresser au fil des ans; les derniers tests internationaux tels que le PISA l’ont à maintes reprises démontré. Pour le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, il est donc important de s’attaquer au problème dès le plus jeune âge. La connaissance de la langue d’apprentissage est en effet primordiale pour pouvoir apprendre le reste des matières. Pour le ministre, tester le niveau de néerlandais des troisièmes maternelles et leur permettre de rattraper un éventuel retard est la seule façon d’offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussite. 

Quelques doutes semblent persister parmi les experts en la matière

Dans le quotidien De Morgen, le professeur en politique linguistique de l’UGent, Piet Van Avermaet, estime que ce test de langue est assurément une bonne chose, mais que la méthode avancée pour remédier à un éventuel retard est loin d’être la meilleure. 

L’évaluation en soi est en fait plutôt bien acceptée, car actuellement, des études démontrent que les enseignants auraient, sans le vouloir, des a priori par rapport aux élèves qui ne parlent pas le néerlandais à la maison. Inconsciemment, ces préjugés changeraient la perception et le comportement des instituteurs vis à vis de ces enfants. Un test linguistique serait donc un outil objectif qui permettrait d’avoir une idée plus concrète du niveau de l’élève. 

Mais là où le bas blesse, selon le professeur de l’UGent, c’est que la proposition de Ben Weyts n’évoque nulle part un renforcement et une professionnalisation des enseignants de maternelle, alors que cet aspect est, selon lui, essentiel. 

Piet Van Avermaet rappelle aussi l’importance de l’interaction dans l’apprentissage d’une langue. Plus un enfant est amené à parler avec les autres, plus son évolution sera rapide. Or, des études démontrent que les enfants qui maîtrisent bien la langue ont plus tendance à prendre la parole que ceux qui la maîtrisent moins. Pour bien faire, l’instituteur devrait donc faire attention à ces détails, et assurer une sorte d’équilibre entre les élèves. Mais avec généralement quelque 25 enfants en classe, c’est loin d’être facile à faire. 

Quelles sont dès lors les recommandations pour assurer une réelle amélioration du niveau de langue chez les élèves les plus faibles ?

Elles sont finalement assez simples: idéalement, les classes devraient être plus petites, et les enseignants plus nombreux. Les instituteurs devraient aussi être formés pour mieux cerner la complexité de cette problématique et pour mieux y remédier. 

Selon le professeur Van Avermaet, imposer à un élève des cours de langue supplémentaires, ou le faire doubler en 3ème maternelle, ne résoudra rien si ces aspects ne sont pas pris en compte. D’après plusieurs études internationales, séparer régulièrement un élève de sa classe ou le faire travailler en aparté ne fonctionne pas bien. Mieux vaut privilégier un soutien au sein même de la classe, là où les élèves les moins forts restent en constante interaction avec les élèves les plus forts. 

On notera enfin que toutes ces recommandations impliqueraient évidemment des investissements supplémentaires dans l’enseignement maternel. Mais malgré les promesses du ministre Ben Weyts, ces soutiens financiers restent pour le moment très vagues. Comme le conclut l’éditorialiste du Morgen, si le système proposé par le ministre entre tel quel en vigueur l’an prochain, il pourrait finir à terme par faire plus de mal que de bien.

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