Bernard Bayot - NewB : " On est au tout début de l’histoire donc il est trop tôt pour que le bulletin soit décerné "

Bernard Bayot, président du conseil d’administration de la banque NewB était l’invité d’Elisabeth Groutars dans le cadre de la séquence "Droit de Suite" de Matin Première pour faire le point sur cette nouvelle banque dont on a beaucoup parlé il y a deux ans.

 

 

 

 

NewB la banque qui voulait bousculer le marché

En octobre 2019, la nouvelle banque belge NewB, lance sa levée de fonds pour récolter les 30 millions d’euros nécessaires à l’obtention d’une licence bancaire. Le défi est de taille : cela fait plus de 50 ans qu’une banque n’avait plus vu le jour en Belgique. NewB, qui se veut durable, éthique, démocratique, et transparente, compte sur la mobilisation citoyenne.

Et on s’en souvient, les 30 millions d’euros avaient bien été récoltés à temps : la coopérative parvient même à rassembler 35 millions d’euros en l’espace de six semaines. Grâce aussi à des investisseurs institutionnels comme la région wallonne ou bruxelloise. NewB obtient sa licence bancaire en janvier 2020. Mais depuis, on n’entend plus vraiment parler de cette banque coopérative dans les médias.

Que s’est-il passé depuis 2 ans ?

"Depuis deux ans, on a travaillé à construire la banque" répond Bernard Bayot et de poursuivre : "il ne suffit pas d’avoir l’autorisation, il faut aussi rendre la banque opérationnelle, ça commence à être le cas. Ça fait 3 mois que les comptes courants et comptes épargnes sont accessibles à qui le veut, bientôt il y aura une carte de débit, des produits d’investissement, une gamme vraiment complète."

Actuellement NewB compte 116.000 personnes et depuis son lancement la banque n’a pas fait de grosse opération de recrutement : "Nous n’avons pas fait de campagne pour avoir de nouveaux coopérateurs, il y en a tous les jours qui arrivent de manière naturelle, mais nous n’avons pas mené de grosses campagnes."

Le timing choisi pour NewB était-il optimal ?

La banque a tout de même essuyé des pertes financières importantes : 5 millions d’euros en 2020 et on parle de 9 millions d’euros en 2021, mais pour le président du conseil d’administration, ces chiffres ne sont pas de nature à ralentir le projet et l’ambition de la banque.

"D’une part, nous sommes la seule banque à avoir une telle transparence sur nos chiffres. Nous faisons voter notre budget par notre assemblée générale, nos clients coopérateurs Il était plus que jamais indispensable d’avoir dans le paysage bancaire une banque qui s’occupe de développement durable, mais qui s’occupe aussi d’économie locale, on se veut une banque locale qui finance l’économie locale, et on a bien vu avec la pandémie que c’est vraiment une nécessité."

 

Quels sont les projets que la banque soutient réellement ?

Si la banque a commencé à octroyer quelques crédits qui vont dans le sens de la transition climatique, pour Bernard Payot, il est encore trop tôt pour tirer de réelles conclusions.

"Nous avons décidé de faire le pari d’être éthique et durable. On est démocratique, durable c’est juste un concept après il faut voir pratiquement ce que cela signifie, et donc qui décide, ce sont les clients coopérateurs. On vient de faire voter en assemblée générale au mois de juin la charte d’investissement qui indique les critères précis que l’on souhaite voir respectés aussi bien pour les investissements que pour les crédits de New B.

On est au tout début de l’histoire donc il est trop tôt pour que le bulletin soit décerné, on a quelques crédits qui vont dans le sens de la transition écologique, mais objectivement ce sont les premiers crédits, on pourra nous juger réellement dans un an ou deux quand l’activité sera plus soutenue […] Sur le plan commercial, fin de l’année prochaine après une année complète sur le plan commercial on pourra tirer les premiers bilans."

 

 

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