Philippe Defeyt (Ecolo): "On considère aujourd'hui qu'avoir le thermomètre en dessous de 21° chez soi, c'est une atteinte à notre confort"

Au lendemain d’élections communales marquées par une "vague verte", Au bout du jour a invité Philippe Defeyt à s’exprimer. Economiste et ancien président du CPAS de Namur, il a également endossé la casquette de président de l’Institut pour un développement durable (Ecolo). Il commente évidemment les résultats de ces élections, mais il pense ensuite et surtout à demain : "A présent, comment va-t-on embarquer les gens positivement face à certaines réformes qu’il va falloir faire ?"

Comment expliquer le succès des Verts ce dimanche 14 octobre ? Pour Philippe Defeyt, il est toujours délicat d’interpréter ce qu’il se passe dans la tête des électeurs. Néanmoins, il pense que l’éthique du parti a pu influencer : "Je crois qu’on a montré qu’on était cohérent sur les positions défendues. Et puis d’autre part, et même si je ne m’en réjouis pas, les difficultés climatiques et écologiques commencent à passer parfois au-dessus des affiliations des uns et des autres".

Prochaine étape : un pacte sociétal qui réunit tout le monde

Très vite, l’écologiste se tourne vers demain et n’hésite pas à poser une question délicate : "Comment va-t-on construire un pacte sociétal qui réunit tout le monde, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations, autour de l’enjeu écologique ?". Selon, le défi est immense. Et le problème est moins les relations entre les partis, mais les relations que les partis ont avec l’électeur : "Comment va-t-on embarquer l’électeur dans des réformes qui vont toucher à ce qui nous semble essentiel ? Ces reformes seront parfois douloureuses, ou en tout cas ressenties comme telles. Pourtant, ceux qui ont fait des pas se sont rendus compte qu’on peut vivre autrement en étant très heureux".

Autrement dit, il explique que nous devons voir certains changements de nos modes de vie comme étant positifs, et non comme étant des contraintes : "On peut prendre l’exemple des mécanismes où l’on partage un logement. En fait, ce n’est pas nécessairement lié à la précarité, mais à un projet commun. Dans le même sens, il y a la question de l’avion, de la voiture, de la consommation, ou même de la température dans nos maisons ! Aujourd’hui, on considère qu’avoir le thermomètre en dessous de 21°, c’est une atteinte à notre confort. Mais donc la question, c’est ça : comment va-t-on embarquer positivement des gens qui aujourd’hui n’ont pas encore compris qu’il y a un lien entre les enjeux et nos choix quotidiens dans nos vies de citoyens et de consommateurs ?"

Pour réécouter l’intégralité de cet entretien :

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