"Nous sommes en train de renoncer à la liberté" avertit le philosophe Carlo Strenger

Il a de multiples casquettes : philosophe, professeur d’université à Tel-Aviv, ou encore psychanalyste. L’israélien Carlo Strenger est l’invité d’Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour. Son livre, " Allons-nous renoncer à la liberté ", paru en février, s’alerte du manque de responsabilité citoyenne dans nos sociétés occidentales.

Selon l’auteur, la tendance actuelle est de considérer la liberté comme une donnée qui nous est due : "La grande faute que nous faisons " dit-il, " c’est qu’on la considère comme un produit que quelqu’un nous doit. Et de ce point de vue-là, qu’elle sera toujours là. Ma grande peur est que nous sommes en train de renoncer à la liberté. Car nous ne voyons plus que la liberté est un achèvement, que nous devons défendre et développer constamment".

Pourtant nous vivons dans le sentiment de jouir d’une grande liberté à l’heure actuelle. Toujours plus de choix s’offrent à nous, tant dans les produits et les services proposés, que dans nos possibilités de déplacements, etc. Mais pour Carlo Strenger, cette liberté est superficielle…

"L’une de mes thèses est que nous sommes concentrés sur la liberté négative, et d’une façon superficielle. Nous avons par exemple la liberté de choisir entre un Iphone, un Samsung, un Huawei, etc. Mais l’idée est qu’il faut peut-être penser la question de façon un peu plus profonde. Et se demander quel genre de vie on veut mener. Quelles sont mes valeurs ?"

Des questions qui, le philosophe l’accorde, sont vues comme peu sexy, et bonnes seulement dans les conversations des " vieux ", selon ses mots. Or se les poser sont fondamentales. Et le plus jeune âge, selon lui. Le système éducatif devrait leur offrir une place de choix, et c’est visiblement peu le cas dans le parcours scolaire :

"Notre système d’éducation est mesuré seulement par la question ‘Est-ce que ça l’aidera à trouver un job ?’ ou ‘Est-ce que ça augmente l’économie ?’. Mais la question de la liberté, qui est existentielle, est rejetée".

Pour revoir l’intégralité de l’entretien avec Carlo Strenger :

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