La stratégie des djihadistes évolue: "On peut lutter facilement contre ce terrorisme urbain!"

Mathieu Guidère : "Il est facile de lutter contre ce terrorisme urbain !"
Mathieu Guidère : "Il est facile de lutter contre ce terrorisme urbain !" - © PAU BARRENA - AFP

Après les attentats de Barcelone, on peut se demander s'il est encore possible de lutter efficacement contre le terrorisme. Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe et musulman, revient sur l'évolution de la stratégie des djihadistes depuis un an et demi. 

Pour le spécialiste, nous somme face à un terrorisme mimétique. Un phénomène qui est apparu au lendemain de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016. Des civils sans formation et sans lien avec le djihadisme veulent avoir leur heure de gloire. "Ils prennent un véhicule civil et foncent dans la foule. Ce type d’action imprévisible a prouvé qu’il pouvait faire autant de victimes qu’un camion piégé en plein Bagdad" explique Mathieu Guidère. Il poursuit : "Nice est un attentat fondateur qui a donné des idées à beaucoup d’individus. Soit des déséquilibrés, soit des personnes qui ont la haine et toutes ces personnes ont en commun qu'elles ont grandi et vivent en Occident". 

Sécuriser l'espace public

Le spécialiste voit tout de même trois éléments positifs. D'une part, Daesh n’a plus les moyens d’envoyer des commandos armés qui vont mener des attentats de grande envergure comme à Paris et Bruxelles. Avec un bémol tout de même : Daesh a encore le pouvoir de susciter des vocations, d’inspirer des actes terroristes et de revendiquer toute personne qui respecte un certain nombre de signes et de valeurs.

D'autre part, pour Mathieu Guidère, cette nouvelle forme de terrorisme urbain est un terrorisme contre lequel on peut lutter. "Il suffit de sécuriser l’espace public, mettre des plots amovibles aux entrées des artères urbaines, il faut protéger les trottoirs, les marchés et les espaces publics" dit-il. L'homme va d'ailleurs plus loin. Il accuse de négligence les maires des grandes villes qui se sont cru à l'abri des menaces. 

Il termine avec un dernier élément positif. Il remarque que la population européenne fait la distinction entre les musulmans et les islamistes, ceux qui veulent imposer la religion et qui l’instrumentalisent à des fins politiques. "On va vers une pacification du débat public" estime-t-il.

Retrouvez l'interview de Mathieu Guidère par Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour.

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