Emanuele Coccia: "Nous n'avons qu'un savoir diffus sur les plantes"

Emanuele Coccia: « Nous n'avons qu'un savoir diffus sur les plantes »
Emanuele Coccia: « Nous n'avons qu'un savoir diffus sur les plantes » - © Tous droits réservés

Il est l’une des personnalités de la philosophie les plus novatrices d’aujourd’hui. L’italien Emanuele Coccia vient de sortir un livre intitulé "La vie des plantes", et il est l’invité d’Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour . Plus qu’un rappel de l’importance du monde végétal, c’est un véritable bouleversement de la vision humaine du monde.

Et si l’on déplaçait l’homme de sa centralité vers quelque chose de plus relatif ? C’est l’une des visées du livre "La vie des plantes". Au fond, notre univers a été engendré par des plantes :

"Tout ce qui nous entoure est rendu possible par la vie végétale. Or nous n’avons qu’un savoir diffus, un peu subconscient sur les plantes. Par exemple, si j’ai à côté de moi une tasse de café, je sais très bien quelle sera l’effet de cette boisson sur mon corps. Au fond, dans la cuisine et dans la vie quotidienne, on a un rapport continu avec les plantes, mais sans qu’on reconnaisse que toutes ces choses, tous ces savoirs, ont une origine dans une classe des vivants à laquelle nous devons énormément".

Cette classe des vivants, Emanuele Coccia en a fait partie avant d’entamer ses études de sciences sociales et philosophie :

"Jeune, j’ai été envoyé dans un lycée agricole en Italie. Pendant que mes compagnons étudiaient le latin ou le grec, moi je faisais de la botanique. Plus tard, quand j’ai commencé mes études, j’ai gardé ce contact avec cette sphère un peu oubliée. J’ai ressenti le besoin de remettre ensemble ces deux parties de ma vie".

Et alors que son livre parait aujourd’hui, il se rend compte qu’une vague de conscientisation est née autour du thème des plantes.

"Mode autour de ces questions", explique-t-il. "On parle aux Etats-Unis d’un "tournant végétal". Je me suis retrouvé dans l’œil du vortex. C’est assez intéressant de se retrouver de la négligence absolue à l’obsession".

Pour revoir l’intégralité de l’entretien avec Emanuele Coccia :

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