Visas humanitaires : "Theo Francken a favorisé la venue de chrétiens"

Les révélations concernant le conseiller communal N-VA Melikan Kucam ont remis en lumière la procédure d’octroi des visas humanitaires. Comment sont-ils délivrés ? Selon le Ciré  (Coordination et Initiatives pour réfugiés et étrangers), il n’existe pas de critères légaux, ce qui laisse leur octroi au bon vouloir du Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration. Chez nous, la Communauté de Sant’Egidio, qui est un réseau catholique actif dans 70 pays, a réussi à en obtenir pour 150 syriens de la part de Théo Francken lorsqu’il occupait ce poste. Jan De Volder est l’un des responsables de la communauté en Belgique. Soir Première l’a rencontré pour qu’il témoigne du déroulement de la procédure.

Comment cette opération s'est-elle construite?

Jan De Volder: Il faut d’abord expliquer le cadre de ce projet. La communauté Sant’Egidio mène ce projet en Belgique, mais aussi en France et en Italie. En 2015, nous avons assisté à ce drame en Méditerranée, et nous nous sommes demandé comment c’était possible. Nous savions qu’énormément de personnes, en Syrie par exemple, avaient droit à l’asile et à la protection en Europe, mais qu’ils ne parvenaient sur le sol européen pour exiger ce droit. Nous nous sommes donc penchés sur le code Schengen pour trouver des solutions, et c’est là que nous sommes tombés sur le principe du visa humanitaire. Nous en avons obtenu plusieurs milliers en Italie, 500 en France, et 150 en Belgique.

Mais concrètement, comment cela a-t-il été négocié avec les autorités ?

Jan De Voder: Nous avons parlé avec les gouvernements, dont le gouvernement belge. Nous avons pu trouver un accord écrit et formel pour pouvoir faire venir des personnes vulnérables. Pour nous, le critère, c’est la vulnérabilité. Et c’est vrai que les chrétiens, en tant que minorité, sont particulièrement vulnérables, mais il n’y a pas que les chrétiens.

La majorité des 150 personnes ayant reçu un visa humanitaire pour la Belgique sont chrétiennes. Certains estiment que c’est pour cette raison que Théo Francken a été plus enclin à accepter la demande de Sant’Egidio. C’est vrai ?

Jan De Volder: Je confirme que ça a été sa politique de favoriser la venue des chrétiens. Je dois dire qu’en 2015, pour l’opération d’Alep, on a sauvé plusieurs centaines de chrétiens. Je pense que c’était tout à fait juste de le faire, mais évidemment, nous avons toujours dit que nous ne voulions pas travailler que pour les chrétiens. Il faut travailler pour tout le monde, pour tous ceux qui sont dans la détresse. Donc dans les discussions que j’ai menées personnellement avec Mr Francken en 2017, j’ai insisté beaucoup là-dessus. Il a fallu un peu de temps pour le convaincre, mais finalement il a accepté qu’il n’y ait pas que des chrétiens dans les 150 visas accordés.

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