Vente d'armes à l'Arabie Saoudite: échange très tendu entre la FGTB et Amnesty International

Faut-il arrêter toute livraison d’armes wallonnes à l’Arabie Saoudite ? La question revient sur le tapis suite à l’affaire Kashoggi. Et clairement, elle divise. Soir Première a donné la parole à deux invités aux avis opposés: Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International, et Nico Cué, secrétaire général de la centrale des Métallos de la FGTB.

Pour Amnesty, cela ne fait pas de doute que la Région wallonne, qui est aussi l’actionnaire principal et unique de la FN Herstal, doit arrêter les exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite : "Toutes conditions pour arrêter l'exportation sont rassemblées. On est face à un pays qui viole massivement les droits humains. Il a aussi lancé un conflit terrible au Yémen. Et en plus de ça, ce pays a un rôle dans la région qui n’est pas toujours très clair, et certaines de leurs armes se retrouvent aux mains de Daech et d’autres groupes armés". Il est donc temps, selon Philippe Hensmans, que la Région wallonne cesse ses exportations. Il prend l’exemple de la Flandre, qui dit-il, a arrêté ses ventes d’armes envers l’Arabie Saoudite.

Sur ce dernier point, Nico Cué réagit fortement : " Autant je peux essayer de comprendre le travail d’Amnesty et des ONG qui luttent pour les droits de l’homme, autant je ne peux pas accepter ce que Mr Hensmans est en train de dire. Il dit que la Flandre ne vend plus d’armes à l’Arabie Saoudite, mais en fait elle vend encore des équipements destinés à une utilisation militaire. Il faut arrêter de taper sur la Wallonie avec des aberrations pareilles!".

Pour le syndicaliste, des embargos sont envisageables, mais seulement s’ils viennent de l’Europe: "Nous nous inscrivons dans tous les embargos à condition qu’ils soient décidés au niveau européen. Si on ne fait pas ça, on va simplement fermer les entreprises wallonnes, alors que l’Arabie saoudite sera encore approvisionnée en armes par d’autres biais. Alors que si on le fait au niveau européen, je suppose qu’il y aura des compensations pour l’ensemble de l’industrie de l’armement. Mr Hensmans peut parler de la libération des gens à gauche et droite, ça c’est son problème, mais moi ce sont les travailleurs qui sont ici au quotidien qui me préoccupent".

Sur cette question de l’emploi, Philippe Hensmans ironise : "On peut aussi rétablir la production de l’amiante, ça donnera de l’emploi… Et ça donnera de l’emploi deux fois : aux travailleurs, et aux médecins. Alors oui, il faut trouver des compensations, mais il faut arrêter d’avoir une politique marketing qui ne fonctionnent pas".

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