Une assemblée citoyenne: la communauté germanophone peut-elle donner l'exemple ?

Une assemblée citoyenne: la communauté germanophone peut-elle donner l’exemple ?
Une assemblée citoyenne: la communauté germanophone peut-elle donner l’exemple ? - © Tous droits réservés

C’est une première en Belgique, et même en Europe… La Communauté germanophone se dote d'une nouvelle instance : une assemblée composée uniquement de citoyen tiré au sort. Mais comment fonctionne-t-elle ? Et quelle pourra être son ambition ? Pour en débattre, Soir Première a invité Benoit Derenne, de la Fondation pour les générations futures, qui est derrière cette initiative d'assemblée citoyenne, ainsi qu’André Antoine (cdH), président du Parlement wallon, et Philippe Van Parijs, philosophe.

Sur une durée de vie moyenne, un citoyen de la communauté germanophone a désormais une chance sur trente d’être tiré au sort pour faire partie d’une assemblée citoyenne. Une assemblée qui aura un rôle politique à jouer, et qui travaillera de concert avec le Parlement germanophone. Pour Benoit Derenne, c’est une avancée considérable : "Je suis très fier. Il y a eu un vrai travail pour réfléchir au renouvellement de la démocratie. Des citoyens demandent à s’impliquer plus dans la question politique. Des processus comme celui-ci ont une logique de permanence, de récurrence, et d’indépendance de la part de ce conseil citoyen qui va choisir ses thématiques".

Pour autant, il est conscient que ce système demandera un temps d’adaptation : "Les citoyens tirés au sort vont devoir faire un effort, et s’engager dans un processus de délibération pour lequel ils ne sont absolument pas habitués. Traditionnellement, on donne son point de vue, et basta. Ici, il y a un vrai parcours de citoyenneté".

De son côté, le philosophe Philippe Van Parijs trouve également l’idée intéressante : "L’innovation démocratique est importante. Il faut la faire sans espérance exagérée par rapport à ce que ce type d’expérience peut fournir, mais je suis très heureux que cela ait lieu en communauté germanophone ". Cependant, il émet une réserve sur la complexité que cela amènera au sein du processus de délibération : " Est-ce que ça va rester lisible pour les citoyens ? Le conseil de 24 citoyens se renouvellera tous les 18 mois, et sera divisé en groupes de travail qui se pencheront sur des questions thématiques différentes. En résultera des propositions vers le Parlement germanophone, mais il faudra voir quel est le sort que ce dernier leur réservera… Bref, il ne faut pas que le citoyen se perde dans tout ça".

Une telle assemblée, possible au Parlement wallon ?

Pourrait-on instaurer un processus similaire en Wallonie ? La question est posée au président du Parlement wallon, André Antoine, qui répond : "Il y a une difficulté de taille. La communauté germanophone a la chance de couvrir 70 000 habitants, tandis qu’en Wallonie il y en a plus de 3 millions ". Néanmoins, il est convaincu qu’il faut innover : "Il faut essayer d’autres formules. Par exemple, nous avons lancé en Wallonie, à l’instar de l’assemblée nationale française, le décret "Par tous, pour tous". Il donne la possibilité pour des citoyens de coconstruire un texte de loi avec des parlementaires. C’est donc une mission mixte regroupant représentants et citoyens. On peut aussi parler, et on ne le sait que trop peu, du principe de la pétition électronique. Aujourd’hui, un wallon peut, tout seul, lancer une pétition électronique. Et même s’il est le seul signataire, elle sera analysée au sein des commissions parlementaires".

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