« Si vous êtes ministre » : Francis Biesmans, de la Wallonie Insoumise

Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen a décidé d’inviter chaque soir, pendant trois semaines, un candidat ou une candidate aux élections du 26 mai prochain. Chacun doit répondre à des questions posées par des acteurs de terrain. Ce mardi, c’est Francis Biesmans, de la Wallonie Insoumise, qui s’est prêté au jeu.

Le parti de la Wallonie Insoumise a été fondé en 2017 par Francis Biesmans, ce dernier ayant été précédemment membre du Parti socialiste. Il n’est pas une antenne de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, mais partage le parti français une série de revendications et de valeurs, comme la remise en cause des élites politiques. Le parti se définit comme un parti souverainiste wallon. Cela veut-il dire qu’il veut l’indépendance pour la Wallonie ?

« Non, répond Francis Biesmans. Mais nous voulons que la Wallonie exerce sa pleine souveraineté dans le cadre d’un état belge minimaliste. Ça veut dire quoi ? Nous sommes pour une 7ème réforme de l’état, et nous voulons une évolution qui serait une révolution. Nous voulons de nouvelles compétences pour la Wallonie, comme la sécurité sociale, qui comprend notamment les pensions. Nous n’avons pas à y perdre, à ce point de vue-là, puisque la structure par âge de la population wallonne est plus jeune que la population flamande. Et puis, nous voulons que fasse retour à la Wallonie toutes les compétences en matière d’enseignement et de culture, ce qui signifie la fin de la communauté française.

« Je mettrais le Pacte d’Excellence à la poubelle »

Durant l’émission, Frédérique Mawet, du mouvement ChanGement pour l’égalité a eu l’occasion de lui poser cette question : « Notre système d’enseignement francophone engendre des fortes inégalités entre les enfants. Le Pacte d’Excellence a décidé de s’attaquer à ce problème. Et vous, si vous êtes ministre, est-ce que cette question des inégalités est une priorité ? »

A cette question, Francis Biesmans répond positivement : « C’est effectivement un point déterminant dans notre programme. Mais par contre, je suis obligé de dire que ce Pacte dit d’excellence va exactement dans le sens contraire. A mon sens, il va creuser les inégalités. Donc ce pacte, nous le rejetons ». Arnaud Ruyssen lui demande alors si, au cas la Wallonie Insoumise accédait au pouvoir, le Pacte serait jeté à la poubelle. Il répond sans hésiter : « Oui, on le mettrait à la poubelle. Notamment parce que nous, ce qui nous parait évident, c’est qu’il faut insister sur les savoirs de base à l’école primaire, c’est-à-dire sur les mathématiques et sur le français. Si on ne sait plus ce que donne 7x7, c’est dommage ».

Un autre point important du programme de la Wallonie Insoumise concernant l’enseignement, c’est la rupture de la Wallonie avec Bruxelles. Une séparation que Francis Biesmans estime nécessaire : « Il faut reconnaitre que la communauté française a un financement qui est très particulier dans la mesure où en pratique, elle ne peut pas lever d’impôts. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas établir une distinction entre les bruxellois francophones et les autres bruxellois. Donc, par conséquent, il y a un problème de financement récurrent pour la Communauté française. Et c’est bien pour ça que nous, nous voulons régionaliser l’enseignement, car la Wallonie, elle, aura les moyens de mener une autre politique ».

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