« Si vous êtes ministre » : Bernard Clerfayt (DéFI), tête de liste à Bruxelles

Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen a décidé d’inviter chaque soir, pendant trois semaines, un candidat ou une candidate aux élections du 26 mai prochain. Chacun doit répondre à des questions posées par des acteurs de la société civile. Ce vendredi, c’est Bernard Clerfayt, député bruxellois, bourgmestre de Schaerbeek et tête de liste DéFI aux élections régionales à Bruxelles, qui s'est prêté au jeu.

D’emblée, Arnaud Ruyssen demande au candidat de réagir sur le thème de la laïcité, qui, suite à un tract d’Ecolo, s’est invité de façon plus voyante dans la campagne. A travers ce fameux tract, qui abordait les questions du port du voile et de l’abattage rituel sans étourdissement, la candidate Ecolo a été accusée de faire du communautarisme. Alors quelle est la position de DéFI par rapport à ces questions ? Peut-on aller au bout des principes de laïcité, ou doit-on faire des accommodements sur ce front-là ?

« La laïcité, répond Bernard Clerfayt, c’est respecter les choix religieux ou philosophiques de chacun. Ne pas s’en mêler, et veiller à créer un cadre pour que chacun puisse exprimer ses choix et les vivre en toute liberté dans le respect des autres. Cela impose donc de tenir le même discours devant tout le monde. Et le respect que tel ou tel groupe réclame pour ses choix, je le dois aussi aux autres. C’est alors une force de répondre de cette manière-là aux gens. Et justement, de ne pas tomber dans le communautarisme, de ne pas tomber dans un discours spécifique, pour un sous-groupe ».

Sur l’idée d’interdire l’abattage rituel sans étourdissement, il évite de prendre entièrement position :

« Alors, nous sommes très sensibles à la souffrance animale, et nous aimerions qu’on améliore les pratiques partout. Nous sommes très respectueux du droit, et le droit européen impose tout étourdissement avant l’abattage. Ce droit européen crée une exception pour les rites religieux et les traditions. Mais alors, il faudrait l’appliquer à toutes les formes de rite et toutes les traditions. Il y a un débat maintenant à la Cour européenne de Justice qui doit trancher cette question entre le droit animal et le droit des traditions religieuses ou autres. Donc cette question, si elle tranchée, elle le sera pour tout le monde, pas seulement pour les musulmans, pour les juifs, mais aussi pour la chasse, ou pour la corrida. Ce que je veux dire, c’est que nous ne voulons pas avoir une position là-dessus qui soit uniquement fondée sur la situation de la religion musulmane. La laïcité nous impose d’avoir la même position pour tout le monde. Et ce sera celle de la Cour européenne de Justice ».

Payer 3 euros pour entrer dans Bruxelles aux heures de pointe

Durant l’émission, Lievin Chemin, conseiller communal au BRAL, le mouvement urbain pour Bruxelles, a eu l’occasion de lui poser cette question : « Que ferez-vous pour améliorer notre droit à respirer à Bruxelles ? »

Outre continuer dans la lignée de ce qui a été décidé concernant la zone de basse émission pour les véhicules, Bernard Clerfayt n’écarte pas l’instauration d’un péage urbain, qu’il ne voit pas comme une barrière : « Un péage, ce n’est pas une barrière. Regardez à Londres, on circule, mais avec un air plus pur, et avec moins d’embouteillages. Au niveau du tarif, cela représenterait environ 3 euros par jour pour ceux qui veulent rentrer à l’heure de pointe. Cela peut rappeler aux gens qu’il y a des embouteillages, et peut-être que 10% d’entre eux décideront de ne pas rentrer dans Bruxelles à ce moment-là, de repousser leur rendez-vous, etc. Et pour ceux qui décident de payer, il n’y a plus d’embouteillages, donc ils payent un service ».

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