Prime wallonne pour les kots: une mesure mal pensée ?

C’est la nouvelle proposition du gouvernement wallon : la " prime kot " pour les étudiants qui habitent loin de leur université ou de leur école supérieure. Ces derniers recevront 1000 euros par an. Mais quels sont les critères pour la toucher ? Et pourquoi est-elle déjà critiquée par certains, qui la disent mal pensée ? Soir Première a invité pour en débattre Valérie De Bue, ministre du logement au gouvernement wallon et Maxime Michiels, président de la FEF, la Fédération des étudiants francophones.

Tout d’abord, comprenons bien ce qui se trouve dans cette nouvelle mesure.  Pour recevoir cette prime, trois critères doivent être remplis : il faut que l’étudiant soit wallon, que son lieu d’études soit en Wallonie, et qu’il y ait plus d’une heure de voiture entre ce dernier et son habitation. Pourtant, pour le président de la FEF, ces critères ne sont pas entièrement judicieux. Et s’il salue l’idée d’une aide au logement pour les étudiants, il pense qu’ils devraient être ajustés.

1h de trajet…en voiture

En établissant ce critère, le gouvernement wallon a volontairement pris la voiture comme référence, et non pas les transports en commun. Or, pour Maxime Michiels, les transports en commun sont plus représentatifs des modes effectifs de déplacement des étudiants : "C’est une méthode de temps de trajet, et pas de distance, qui a été retenue. Ce n’est pas anodin ? Cela veut dire qu’un étudiant qui habite à 35 minutes en voiture de son école, mais qui n’a pas de voiture et qui doit faire plus d’une heure de transports en commun, ne bénéficier pas de la prime. Alors que l’étudiant habitant au même endroit avec une voiture pourra l’avoir".

De son côté, la ministre se défend : "On a calculé cela à travers plusieurs pistes. Mais en travaillant sur base d’une heure de trajet en transports en commun, on est arrivé à des situations totalement ubuesques… En fait, la structure des transports en commun en Wallonie est telle que cela devenait un peu irréaliste. Par exemple, on en arrivait à devoir octroyer la prime à un étudiant qui habite à 6 kilomètres de son école, parce qu’il n’y a pas de transports en commun possible, et qu’il fallait alors considérer qu’il mettrait plus d’une heure à y aller à pied. Ce n’était pas cohérent".

L’unicité de l’enseignement

Comme expliqué ci-dessus, l’étudiant bénéficiant de la prime doit être wallon et étudier dans une université en Wallonie. La prime ne sera donc pas octroyée aux étudiants wallons partant étudier à Bruxelles, par exemple. Pour Maxime Michiels, c’est dommage. Mais la ministre rappelle le système des compétences de notre pays : "C’est tout le débat de la compétence et de la répartition des attributions au niveau de notre pays. Moi, je suis ministre wallonne, et je n’ai pas la compétence de légiférer pour des mesures qui ne concernent pas le territoire wallon". Mais elle convient que selon elle, le meilleur niveau pour mettre au point cette mesure, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles : "Elle pourrait proposer cette mesure à l’ensemble de étudiants, qu’ils soient bruxellois ou wallons".

La question des revenus

Le dernier point soulevé par le président de la FEF est celui de la situation financière de départ des étudiants entrant dans les critères de cette nouvelle mesure : "Un kot coûte la même chose pour tout le monde, tant les étudiants ne sont pas tous égaux face au coût de ce kot. Donc les aider de manière indifférenciée peut poser problème. Cette mesure propose d’aider les étudiants pour louer un kot, sans regarder s’ils ont ou non des difficultés pour se le payer".

A nouveau, Valérie De Bue se justifie : "Il faut savoir que dans le cas où on se réfère aux revenus des parents, c’est une gestion administrative très complexe. On a donc choisi de retenir le principe qui est retenu aussi pour les allocations familiales, à savoir un étudiant = un étudiant".

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