Michael O'Leary, le patron de Ryanair, a-t-il perdu sa position de force?

Il y a tout juste un an, plusieurs vols Ryanair étaient soudainement annulés. La compagnie low-cost était assez peu bavarde sur les raisons profondes de ces annulations. Mais assez vite, on apprenait que Michael O'Leary était en délicatesse avec ses pilotes. Leurs conditions de travail seraient les plus mauvaises du secteur. Ils en ont marre. Certains ont quitté la compagnie, d’autres sont restés, mais en tout cas un an plus tard, la situation a peu évolué. On a fait le point dans Soir Première.

Depuis l’année dernière, la situation s'est plutôt tendue entre la direction et le personnel de la compagnie irlandaise. Plusieurs actions de grève ont encore eu lieu ces dernières semaines. Comme l’explique Didier Lebbe, secrétaire permanent à la CNE, les travailleurs ont peu à peu eu davantage de poids dans les négociations : "C’est dû aux possibilités d’emplois dans d’autres compagnies, mais c’est aussi parce que les différents pays d’Europe ont pu se coordonner. Ca nous a permis d’organiser des grèves réussies. Au début, les travailleurs avaient peur, mais plus maintenant".

"Les actionnaires commencent à se poser des questions sur le management"

Pour Didier Lebbe, il y un point qui est intéressant, et qui concerne les actionnaires de la compagnie : "Le 20 septembre, il y a l’assemblée générale des actionnaires à Dublin. Et certains commencent à se poser des questions vis-vis du management". Alors Michael O’Leary, avec ses déclarations matamoresques, est-il devenu un problème pour Ryanair ? L’avis du consultant Olivier Lallemand est nuancé : "Il n’existait pas ce modèle de compagnie en Europe. Il a créé pas mal d’emplois. Il a créé un nouveau secteur, un nouveau cadre. Il faut quand même en tenir compte aussi. On doit reconnaître que c’est quelqu’un, par ses déclarations, qui aime bien faire parler de lui de façon rocambolesque, c’est son style de management. Mais on peut se demander s’il n’est pas arrivé un peu au bout de son modèle. Il est moins en position de force maintenant qu’il ne l’était il y a quelques mois".

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