Manifs pour le climat : " On ne veut plus de bla-bla, on veut des résultats "

Cela fait maintenant six semaines qu’elle est en tête du cortège de jeunes qui manifestent pour le climat. Adelaïde Charlier est une jeune rhétoricienne namuroise, et elle demande que les politiques agissent concrètement pour protéger la planète du réchauffement climatique. Dans Soir Première, elle a pu s’adresser directement à Céline Frémault, la ministre bruxelloise pour l’environnement.

Chaque jeudi, c’est le même refrain : « On est plus chaud que le climat ». Par ce slogan, les jeunes entendent montrer leur ténacité à se faire entendre. D’où la décision de manifester les jeudis, durant les heures d’école : « Je pense que c’est comme ça qu’on a réussi à attirer l’attention sur cet enjeu climatique. On avait déjà essayé de manifester les dimanches, et on le fait toujours d’ailleurs. Mais après les 75 000 personnes présentes dans les rues le dimanche 2 décembre, on n’a pas eu l’impression d’être entendus. Donc on est ressorti dans les rues, mais cette fois un jeudi, en » désobéissant «. Et là, on a vu qu’il y a eu un impact, et qu’on nous écoutait peut-être. En tout cas on espère être compris grâce à ces marches des jeudis ».

Pour elle, il n’est donc pas question de profiter des manifestations pour rater les cours. Elle pense que c’est le cas de la plupart des participants : « Les jeunes ne sortent pas dans les rues pour rater les cours. S’ils voulaient le faire, ils resteraient chez eux. C’est plus confortable que d’aller manifester sous la pluie, et parfois sous la neige comme on l’a fait. En plus, le fait de rater les cours nous oblige à les rattraper ». De son côté, la ministre Céline Frémault se montre encourageante : « Je n’ai aucun souci avec les manifestations, quitte à rater l’école. Je les comprends, c’est leur avenir dont on parle. Beaucoup de choses sont mises en place, mais j’entends que ce n’est pas suffisant ».

« Les ambitions doivent devenir des actions »

Comme le rappelle Adélaïde Charlier, on dit toujours aux jeunes de penser à leur avenir. « Et en fait, c’est ce qu’on fait, dit-elle. On y pense. Et on est inquiet. Le ressenti qu’on a, c’est qu’il y a un grand écart entre ce que disent les experts, qui nous disent qu’on fonce dans le mur, et ce que font les politiciens, et les citoyens aussi. On a besoin, pour être rassurés, que cet écart disparaisse. On a besoin d’actions concrètes, que nos revendications soient appliquées. Si les bla-bla étaient suffisants, on ne serait déjà plus dans la rue. On veut que ces ambitions deviennent des actions qui montrent des résultats. On sait que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais on veut que cela soit plus rapide que maintenant ».

La lenteur des décisions politiques, c’est bien l’un des éléments pointés par les jeunes manifestants. Et pourtant, la ministre rappelle que les politiques travaillent, notamment à travers la « Loi climat », qui est en cours de négociation. Elle admet que le temps politique est parfois long, mais elle rappelle qu’il faut aussi des législations solides : « Il y a des cadres à respecter, et il faut aussi tester la sincérité des différents partis autour de la table. Aujourd’hui, on connaît un peu les ambitions des uns et des autres. Le nord ne réagit pas comme le sud, ni comme Bruxelles ».

« Les politiques doivent nous mettre des limites »

Pour Adélaïde Charlier, les jeunes sont conscients que la lutte contre le réchauffement climatique ne se fera pas sans une atteinte à un certain confort. Mais cela ne l’empêche pas de vouloir le changement : « Toute notre société doit évoluer. C’est un travail énorme auquel chacun doit contribuer. Et pour ça, je pense que les politiques doivent nous mettre des limites. Il faut nous imposer des limites pour pouvoir continuer à vivre sur cette planète ». Pour illustrer son propos, elle explique : « Quand on donne un jouet à un enfant, d’abord il joue avec. Mais s’il veut le casser, le parent va l’en empêcher. Il lui impose une limite, et le prive d’une liberté. Mais s’il le fait, c’est pour que l’enfant puisse continuer à jouer avec l’objet plus longtemps. Pour la planète, c’est pareil ».

 

 

 

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