Louis Michel: "Le Conseil de sécurité de l'ONU ne fonctionne pas comme il devrait"

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Le Conseil de sécurité de l’Onu est-il toujours utile ? A l’heure où la Belgique est candidate pour y siéger deux ans comme membre non-permanent, Soir Première s’est penché sur cette question avec Louis Michel, eurodéputé libéral et Olivier Corten, professeur de droit international à l’ULB.

Comme l’explique Olivier Corten, un membre non-permanent a un droit de vote, mais pas un droit de veto. "Il faut obtenir une majorité pour qu’une résolution soit adoptée, avec 9 voix sur 15. Et c’est seulement si elle est obtenue qu’on doit voir si, dans les voix qui ont voté contre, il y a des membres permanents (Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume-Uni, France)".

Aujourd’hui, si la Belgique devient membre non-permanent, c’est selon Louis Michel intéressant pour devenir un acteur important au sein des Nations Unies. Mais c’est aussi une façon de penser à sa réforme.

Réformer le Conseil de Sécurité ?

Pour notre ancien ministre des Affaires étrangères, décrocher une place permettra d’aborder le fonctionnement du Conseil : "Je pense qu’il ne fonctionne pas comme il devrait. Mais justement, être dans le Conseil et être dans les discussions, c’est une manière d’aborder la réforme des Nations Unies, qui est pour moi urgente et essentielle. Il y a plein d’idées : faut-il garder les cinq membres permanents ? Ne faut-il pas élargir le nombre de membres avoir une représentation géopolitique meilleure ?".

De son côté, Olivier Corten admet qu’il y a un problème d’efficacité. Mais selon lui, "les questions d’efficacité sont moins dues à des problèmes juridiques dus au fonctionnement du Conseil qu’à des politiques d’Etat". Et par ailleurs, il tient à rappeler l’origine des cinq membres permanents.

A l’origine du droit de veto

"L’identification des cinq membres a été faite durant la seconde guerre mondiale, explique-t-il. Ce sont les grandes puissances alliées de l’époque. Aujourd’hui elles ne reflètent plus tout à fait la réalité. Mais la difficulté c’est qu’il y a deux tendances contradictoires. D’un côté on dit qu’il faut élargir le nombre de membres permanents, mais en même temps on critique le droit de veto. Or si on prend la première option, on multiplie les risques de veto".

Il ne faut pas oublier selon lui pourquoi ce droit de veto a été établi. "L’idée du droit de veto, c’est d’éviter les conflits, et spécialement entre les cinq grands. Si on adopte une résolution avec au moins l’opposition d’un des cinq grands, soit on n’ose pas l’appliquer, soit on l'applique et c’est une troisième guerre mondiale. Or le but du Conseil est de l’éviter".

Pour réécouter l’intégralité du débat de Soir Première :

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