Les "White helmets" en Syrie, objets de contre-information

Les « White helmets » en Syrie, objets de « contre-information »
Les « White helmets » en Syrie, objets de « contre-information » - © Tous droits réservés

Il y a une semaine, la ville de Douma, à l'est de Damas, en Syrie a fait l'objet d'une attaque chimique. Elle est attribuée par les pays occidentaux au régime de Damas, qui nie en bloc. Mais cette attaque fait aussi l'objet de beaucoup de mises en doutes. Un récit alternatif que l'on trouve avant tout sur les réseaux sociaux.

Une machine de propagande qui vise très souvent les casques blancs, les "white helmets" Ces secouristes qui sont souvent les premiers à arriver sur les lieux en cas d'attaque, et le 7 avril dernier ne faisait pas exception. Équipé de caméras fixées sur leurs casques, ils ont très vite publié des photos sur Twitter, dont certaines, choquantes, témoignent de l’état des victimes. Des images qui peuvent être l’objet de désinformation.

Ainsi, le quotidien The Guardian a publié un long article sur le sujet en décembre dernier. Il a montré comment une "contre-histoire" est propagée en ligne avec le soutien du gouvernement russe, soutien militaire du régime syrien. Un phénomène qui s’est reproduit cette semaine après l’attaque à Douma.

Comment cela est-il mis en place concrètement ?

D'abord entrent en scène les médias liés au Kremlin comme RT et Spoutnik, ainsi que certains compte twitter officiel russes. Un exemple, le compte Twitter de l'ambassade russe au royaume Uni qui écrit cette semaine : "Un faux massacre à l'arme chimique a été commis, au final pour provoquer, et au bénéfice des extrémistes et de leurs soutiens étrangers". Elle qualifie les casques blancs de djihadistes, une thèse souvent déployée par la Russie, qui les associe à l’État Islamique ou à Al-Qaïda.

Ces thèses sont ensuite reprises par une série de blogueurs, des personnes influentes sur les réseaux sociaux. Tant et si bien qu’elles sont parfois crues par des blogueurs européens. C'est le cas de Vanessa Beeley, blogueuse, fille d'un ancien diplomate britannique.

Sur les réseaux sociaux, elle affirme qu’il n’y a pas eu d'attaque chimique, et que c'était une mise en scène. Pour preuve, elle montre une vidéo où une personne, casque blanc sur la tête, dégage un enfant de décombres. Elle dit "Ce que nous a expliqué un officiel ici (officiel du régime syrien), c'est que les enfants, fausses victimes de l'attaque, ont été drogués et pré-enterrés. Une mise en scène qu’elle tente de prouver en appuyant que les sauveteurs trouvent directement l'enfant sous les décombres, sans devoir chercher".

Ses propos ne restent pas sans écho. Car deux études qui ont analysé les contenus postés sur le web montrent que Vanessa Beeley est parmi les propagateurs de contenus les plus influents à propos des "White helmets". Ce qui explique que lorsqu'on cherche les tweets liés au hashtag #Whitehelmets, on trouve beaucoup de tweets qui mettent en doute l'attaque de samedi.

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