"Le protectionnisme de Donald Trump ne tient pas la route"

Après les premières offensives commerciales contre l’acier et l’aluminium, Donald Trump a réaffirmé ses intentions de taxes douanières de 25% sur les voitures étrangères importées aux États Unis. Le but du président américain est de freiner les constructeurs allemands et japonais. Il les accuse de voler des parts de marché importantes aux constructeurs américains.

Donald Trump a-t-il forcément tort ? Oui, selon le Secrétaire général du CNCD 11.11.11. Arnaud Zacharie, était l’invité de Soir Première. Pour lui, le président américain "utilise des méthodes du 20e voire du 19e siècle, au 21e siècle". Le secrétaire général du CNCD explique que Donald Trump justifie ces taxes par un déficit commercial important, le fait que les États Unis importent plus qu’ils n’exportent. Il se focalise là dessus,"mais cela ne reflète pas la position économique des Etats Unis dans le monde". Bien au contraire, selon Arnaud Zacharie, le déficit commercial est un trompe-l’œil, puisque l’économie américaine va plutôt bien.

"Cette stratégie du Calimero est contraire à la réalité" affirme Arnaud Zacharie. Il ajoute : "Donald Trump impose à ses alliés de rendre le commerce plus équitable alors que ce sont les États-Unis qui imposent l’agenda commercial international depuis des décennies".

L’analyse d’Arnaud Zacharie est en grande partie partagée par Etienne de Callataÿ. Selon l’économiste, l’erreur fondamentale de Donald Trump est d’oublier l’épargne : "S'il y a un déficit commercial, c’est parce que les ménages américains n’épargnent pas assez par rapport à leurs revenus". Il ajoute : "Augmenter les taxes à l’importation ne changera pas ce problème."

Moins d’emplois

Avec ces nouvelles taxes, Donald Trump dit vouloir créer de l’emploi et booster l’économie américaine. Mais Selon Etienne de Callataÿ, le président américain rate sa cible : "Quand il taxe des produits comme l’aluminium ou l’acier, il pénalise l’économie américaine qui en a besoin pour produire et pour vendre". L’économiste affirme que l’impact sur l’emploi est sans appel : "les gains que l’on pouvait espérer en matière d’emploi dans le secteur de l’acier ou de l’aluminium sont perdus dans les secteurs qui consomment cet acier et cet aluminium".

Selon l'économiste, l'objectif de Donald Trump semble politique. Le président américain chercherait à faire plaisir à certains États américains : "Des États dans lesquels l’aluminium ou l’acier peuvent avoir une place importante, des États qui, sur le plan électoral, ont un impact particulier."

Arnaud Zacharie confirme l’analyse de l’économiste : "Depuis que Donald Trump évoque ces tarifs douaniers, il grimpe dans les sondages. Les élections de mi-mandat en novembre sont le véritable l’objectif."

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