Le pacte de l'ONU sur les migrations: c'est quoi?

On parle beaucoup aujourd’hui du pacte des Nations unies sur les migrations. Chez nous, il fait polémique car la N-VA veut faire blocage et empêcher la Belgique de le signer. Une situation compromettante pour le Premier ministre Charles Michel, qui plaidait pour une signature.

Mais que trouve-t-on, au fond, dans ce pacte ?  Soir Première a récemment fait le point avec Nicolas Van Nuffel, en charge du plaidoyer au CNCD-11.11.11. Son organisation, comme d’autres, a été associée aux discussions sur ce pacte. Il détaille l’intention qui était présente chez les différentes parties.

Ce pacte, c’est quoi, et ça a été négocié par qui?

Nicolas Van Nuffel : "C’est une initiative qui a été lancée il y a deux ans, et qui vient de l’ancien secrétaire d’Etat des Nations unies, Ban Ki-Moon. L’idée, c’était de prendre un peu de recul par rapport à la période crise migratoire, et de se demander comment les migrations pouvaient avoir un rôle positif pour tout le monde. Donc, pendant deux ans, il y a eu de longues négociations entre les Etats, et cela a abouti à un texte. Un texte intéressant qui définit 23 objectifs à atteindre pour que les migrations puissent se passer correctement pour tout le monde."

Arnaud Ruyssen: Donc il y avait autant, dans les discussions, des pays "accueillants" que des pays dont partent beaucoup de migrants?

Nicolas Van Nuffel : "Oui, c’est ça qui était intéressant dans la dynamique. On a un retour au multilatéralisme, en se disant que c’est par des décisions collectives qu’on peut arriver à résoudre le problème. Et tout le monde était autour de la table, même si c’est vrai qu’il y a deux mois, deux pays ont quitté la table. Ce ne sont pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit des Etats-Unis de Donald Trump et de la Hongrie de Viktor Orban. En dehors de ça, tout le monde était autour de la table."

Arnaud Ruyssen: Et vous, en tant qu’organisation, étiez aussi associé aux discussions?

Nicolas Van Nuffel : "Oui. Non seulement il y a eu la possibilité pour la société civile, dans l’enceinte des Nations unies, d’être consultée, mais la Belgique a mis aussi en place un processus spécial. C’est-à-dire qu’il y a avait quelqu’un sur place, un haut diplomate, donc un représentant spécial pour les migrations, qui a négocié cet accord avec toutes les parties prenantes. Il y avait donc les ministres concernés, comme M. Francken, mais aussi la société civile. Et on a été très satisfait de la façon dont ça a été mis en place en Belgique."

Arnaud Ruyssen: Est-ce que ce pacte pourra réellement faire évoluer les choses dans la gestion du problème migratoire?

Nicolas Van Nuffel : "Il faut savoir que c’est une déclaration qui n’est fondamentalement pas contraignante. Ce n’est pas une nouvelle Convention de Genève qui s’imposerait aux états. Mais l’intérêt d’une déclaration de ce type, au moment où le multilatéralisme est malade, et où nos politiques migratoires sont malades, c’est de changer les lunettes. De changer de paradigme, comme on dit souvent. Et de mettre en place des objectifs de long terme, pour qu’on puisse traiter les migrations pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire un phénomène profondément ancré dans l’histoire de l’humanité."

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