La cigarette électronique JUUL envahit les lycées américains

La ville de San Francisco vient de voter pour devenir la première ville des États-Unis à interdire la vente de toutes les cigarettes électroniques. Dans le viseur des autorités, il n’y a pas simplement le vapotage. Il y a une cigarette électronique en particulier, la JUUL.

La cigarette électronique Juul occupe 75% du marché américain du vapotage. Sauf qu’elle ne ressemble pas aux cigarettes électroniques habituelles. Elle ressemble à une clé USB, dans laquelle on vient ficher une petite recharge, qui existe en différentes couleurs et de différents goûts. Bref, la Juul a tout du dernier gadget technologique. Et ce n’est pas un hasard. Les deux hommes qui ont lancé le produit sont designers. Ils ont étudié à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. L’un d’entre eux a fait ses armes chez Apple. D’ailleurs, les jeunes américains aiment dire que Juul est l’Iphone des cigarettes électroniques.

Succès énorme chez les jeunes américains

En 2 ans, Juul a conquis 75% du marché américain des cigarettes électroniques. Et si l’objet est vendu comme un produit "pour permettre aux adultes d’arrêter de fumer", force est de constater qu’il a trouvé un large public… dans les lycées américains. Il est le nouveau marqueur du cool et de la différenciation que les ados recherchent. Dans un premier temps, les campagnes marketing ont d’ailleurs laissé penser qu’ils ciblaient un jeune public, notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter et Instagram. Ces campagnes ont été ensuite supprimées, mais le mouvement était lancé. Et il a soulevé de nombreuses interrogations quant au signal envoyé par JUUL, qui met justement en avant sa lutte contre le tabagisme comme argument politique et économique.

Davantage de nicotine

Parmi les éléments qui inquiètent, il y a notamment cette différence entre les cigarettes électroniques traditionnelles et les Juul : les Juul contiennent 59 mg de nicotine/litre, alors que les cigarettes électroniques habituelles aux USA en contiennent entre 6 et 30 mg. A titre de comparaison, dans l’Union européenne, la limite autorisée est de 20 mg/litre.

Conséquence de tout cela : les jeunes américains deviennent beaucoup plus vite accroc à la nicotine, et le deviennent très jeunes. Entre 2017 et 2018, le nombre de lycéens qui vapotent aurait augmenté de plus de 70%. A tel point que la "Food and Drug Administration", l’Administration des denrées alimentaires et des médicaments, s’inquiète. Elle considère que les Etats-Unis font face à une épidémie de vapotage.

Et en Europe ?

Pour l’instant Juul s’est lancé en au Royaume Uni, en Allemagne, en Suisse, ainsi qu’en France en décembre 2018. Dans ces pays européens, la marque a dû se souscrire aux normes européennes : 20 mg/litre. Six mois plus tard, on peut souligner que la part des Juul n’a pas explosé sur le marché des cigarettes électroniques. Mais les consommateurs se multiplient à mesure que le nombre de points de vente augmente. En Belgique, on ne trouve pas encore de site qui en vende en ligne, mais une société a été créée fin mars dernier : la SPRL JUUL LABS Belgium. Ce qui montre que la structure pourrait se préparer à se lancer sur notre marché.

 

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