La Belgique est-elle en train de devenir une grande nation du sport ?

Personne n’a pu passer à côté. Ces derniers mois ont été assez fous pour les sportifs belges. Il y a évidemment les Diables Rouges, mais aussi beaucoup d’autres sports où la Belgique enregistre des résultats de plus en plus remarquables. Est-ce un hasard, ou plutôt le fruit d’une nouvelle politique sportive ? Deux invités ont pu s’exprimer sur la question dans Soir Première : Marc Coudron, le président de la Fédération belge de hockey et administrateur du CEIB, ainsi que Tarek Francis, promoteur du mini-tennis en Belgique francophone.

Les exemples sont nombreux. Les Diables Rouges demi-finale de la Coupe du monde de football, les Belgian Cats demi-finale de basket féminin, les Red Lions en bonne position en hockey… Et les disciplines individuelles ne sont pas en reste. Nafissatou Thiam a remporté le titre de Championne d’Europe à l’heptathlon, David Goffin flirte avec le top 10 en tennis, et Remco Evenepoel est le nouveau prodige du cyclisme belge. Bref, les belges ont retrouvé leur fierté dans le milieu sportif. Mais cela est-il dû hasard ?

Pour Marc Coudron, la réponse est non : "Ce n’est pas du hasard. Il a une politique qui a été mise en place à partir de 2008, sous l’impulsion du CEIB et de l’Adeps. Tout s’est mis en place pour que ça arrive. Concernant le hockey, les résultats ne font que grimper. En fait, la qualité était déjà là, mais maintenant il y a vraiment un politique sportive intelligente".

Pour ce qui est de sa branche, le hockey, il explique qu’une dynamique s’est construite pour viser des objectifs précis : "L’objectif en 2005, c’était de se qualifier pour les Jeux Olympiques et pour la Coupe du Monde. Pourquoi j’ai pu dire en 2010 : on ira vers des médailles ? C’est parce qu’on avait travaillé dans la profondeur et dans la largeur. On est bon dans les écoles de jeunes. Comme on était trois fois champions d’Europe en moins de 18 ans et moins de 21 ans, tout était en place. Et j’ai la faiblesse de croire que dans les autres sports, la même dynamique est présente".

L’adaptation des sports chez les plus jeunes : une des clés du succès ?

Pour Tarek Francis, promoteur du mini tennis, le fait que l’on ait développé des enseignements du sport spécifiques aux jeunes a été décisif. En prenant l’exemple du tennis, il explique le principe du mini-tennis, qui se donne aux plus jeunes: "C’est une version du tennis adapté pour l’enfant. Le sport s’adapte à lui, et non l’inverse. On a commencé par le matériel : des raquettes plus petites, des filets plus petits, des balles plus lentes, etc. Mais il y a aussi la pédagogie qui va avec : il a fallu remettre l’enfant au centre du sujet, car il n’apprend pas comme un adulte. Il faut notamment mettre le plaisir au centre de l’activité. Et derrière ça, les choses se font quasi naturellement. Par exemple, David Goffin a été formé en passant par le mini-tennis… Et il a quand même fait l’année dernière la finale aux Masters, en battant au passage Roger Federer".

C’est plus globalement un changement de philosophie qui s’est enclenché il y a une vingtaine d’années. Et aujourd’hui, le mini-tennis est enseigné dans le milieu scolaire, ce qui est une très bonne chose pour Tarek Francis : "Il faut travailler sur la base de la pyramide. Au plus on l’élargit, on plus on a des chances d’aller à un plus haut niveau avec certains".

"On n’est pas un petit pays"

La satisfaction des victoires permet au pays de changer peu à peu de mentalité. Car selon Marc Coudron, les belges souffraient, au-delà d’un manque de moyens, d’un manque d’ambition. Il se dit d’ailleurs très énervé quand il entend certaines analyses sur le sport belge : "Je déteste quand on dit qu’on est un petit pays. Est-ce qu’on parle des All Blacks comme venant du petit pays qu’est la Nouvelle-Zélande ? Non, et pourtant ils dévastent tout sportivement parlant. On est toujours à nous dire que pour un petit pays, on est déjà pas mal. Mais en disant ça, on se met déjà des limites. On manque d’ambition".

L’important est à présent de ne pas s’arrêter là, précise-t-il. Pour lui, ce n’est qu’un début, et c’est valable dans tous les sports.

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